Du protectorat à la modernité : comment le CMM a traversé un siècle d’économie marocaine
Créé le 16 juillet 1913 par le groupe français Descours & Cabaud, le Comptoir métallurgique marocain (CMM) traverse plus d’un siècle d’histoire économique et industrielle. D’abord outil de la présence coloniale, il est devenu, au fil des décennies, un acteur majeur du négoce et de la distribution de métaux et matériaux destinés à l’industrie et au BTP. À travers ses dirigeants successifs, le CMM reflète les mutations profondes du Maroc, de l’ère coloniale à la marocanisation, jusqu’aux ambitions de modernisation et de durabilité.
Aux origines, une entreprise au service de l’urbanisation
À sa création, le CMM est placé sous la houlette de Charles Cabaud, président du conseil d’administration, épaulé par Georges Pichard, vice-président, et André Baguenault de Puchesse, administrateur. Ces hommes d’affaires issus du groupe fondateur organisent un maillage logistique inédit pour l’époque : un dépôt principal à Casablanca et des agences régionales dans les grandes villes comme Rabat, Kénitra, Meknès, Fès ou Essaouira. Leur mission est claire : répondre aux besoins croissants en acier, cuivre et aluminium d’un Maroc en pleine urbanisation et en quête de modernité. L’entreprise devient alors un rouage clé dans l’approvisionnement des chantiers d’infrastructures et accompagne la structuration des villes marocaines.
La marocanisation et l’ère Abdelkader Bensalah
En 1974, un tournant décisif survient avec l’acquisition du CMM par le groupe Holmarcom, fondé par Abdelkader Bensalah. Cette reprise illustre parfaitement l’esprit de la marocanisation économique impulsée dans les années 1970. Abdelkader Bensalah, entrepreneur visionnaire et patriote convaincu, voit dans le CMM un levier stratégique pour l’essor du Maroc moderne. Sous sa direction, l’entreprise consolide son rôle auprès des grands chantiers nationaux et élargit son horizon. Sa gouvernance se distingue par une approche qui allie performance économique et responsabilité sociale, notamment prolongée en 2000 avec la création de la Fondation Abdelkader Bensalah, reconnue d’utilité publique. Bâtisseur infatigable, Abdelkader laisse l’image d’un industriel indépendantiste qui a su transformer une entreprise héritée de la colonisation en pilier du tissu économique national.
Mohamed Hassan Bensalah : la modernisation et la diversification
À la disparition de son père en 1993, Mohamed Hassan Bensalah prend le relais. Formé à la Sorbonne et à l’École des Cadres de Paris, il incarne une nouvelle génération de managers marocains, porteurs de méthodes modernes. En 1996, il restructure les activités en enseignes spécialisées, mieux adaptées aux marchés de l’industrie, du BTP et de l’électroménager.
Au tournant des années 2000, il pousse plus loin la diversification : création de Digitek pour le multimédia, lancement d’une activité dans le mobilier, puis, en 2006, fondation du Comptoir de l’Armature avec une première unité de production à Casablanca. Parallèlement, il développe Holmarcom dans d’autres secteurs stratégiques — finance, assurances, agro-industrie et immobilier — jusqu’au rachat du Crédit du Maroc en 2022. En 2004, Sa Majesté le Roi Mohammed VI lui décerne le Wissam Al Arch, consacrant ainsi son rôle d’acteur incontournable de l’économie nationale.
Une gouvernance au féminin avec Kenza Bensalah
Aujourd’hui, c’est Kenza Bensalah qui préside aux destinées du CMM en qualité d’Administrateur Directeur Général. Sa présence à ce poste symbolise une double évolution : la continuité d’une gestion familiale et l’ouverture à une gouvernance plus inclusive, marquée par l’émergence des femmes dans des secteurs longtemps dominés par les hommes. Son style de management met l’accent sur la durabilité, l’innovation et la proximité avec les clients. Elle conduit le CMM dans une logique tournée vers la performance, tout en intégrant les défis contemporains liés à la responsabilité sociétale et à l’évolution des besoins industriels.
Plus qu’une entreprise, un témoin de l’histoire industrielle
Du trio fondateur Cabaud-Pichard-Baguenault, bâtisseurs de l’ossature initiale, à Abdelkader Bensalah, artisan de la marocanisation, puis à Mohamed Hassan et Kenza Bensalah, qui incarnent la modernisation et l’innovation, le CMM illustre plus d’un siècle d’adaptation aux bouleversements économiques et politiques. L’entreprise, qui a accompagné la construction des infrastructures et les grands chantiers du pays, demeure un témoin vivant des transformations de l’économie marocaine et de l’évolution de ses élites dirigeantes.
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