Ebola en Afrique : l’épidémie en RDC progresse à un rythme sans précédent, selon l’Africa CDC
L’épidémie actuelle de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) suscite une vive inquiétude parmi les autorités sanitaires africaines et internationales. Selon l’Africa CDC, l’agence de santé publique de l’Union africaine, la propagation du virus atteint un rythme inédit, dépassant la capacité des équipes de terrain à contenir efficacement la maladie.
Déclarée officiellement le 15 mai, cette flambée épidémique continue de gagner du terrain dans plusieurs zones de l’est de la RDC. Lors d’un point de presse, le responsable des situations d’urgence de l’Africa CDC, le Dr Wessam Mankoula, a expliqué que les efforts déployés pour freiner la transmission ne parviennent pas à suivre la vitesse de propagation du virus.
Les autorités sanitaires estiment que cette épidémie constitue la plus rapide jamais observée parmi les différentes formes du virus Ebola, y compris le virus Bundibugyo, responsable de la flambée actuelle. Cette situation complique considérablement les opérations de surveillance, d’isolement des cas et de prise en charge des patients.
D’après les dernières données publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la RDC comptabilise 1.759 cas confirmés et 600 décès depuis le début de cette épidémie. En Ouganda, pays voisin également touché, la situation demeure relativement stable avec 20 cas confirmés et deux décès recensés.
La République démocratique du Congo est régulièrement confrontée à des épidémies d’Ebola. Depuis l’apparition du virus dans le pays, dix-sept flambées ont été enregistrées. Toutefois, contrairement à d’autres variantes du virus, aucune solution vaccinale ou thérapeutique spécifique n’est actuellement disponible contre le virus Bundibugyo, ce qui complique davantage la lutte contre cette souche.
L’OMS avait déjà alerté, dès le mois de mai, sur la rapidité de diffusion de la maladie dans l’est du pays. De son côté, l’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) avait dénoncé des insuffisances importantes dans la réponse sanitaire, estimant que les moyens mobilisés restaient en deçà des besoins face à une épidémie en constante progression.
L’histoire récente rappelle les conséquences dramatiques que peut provoquer le virus Ebola. Entre 2013 et 2016, l’Afrique de l’Ouest avait connu la plus grave épidémie jamais enregistrée. Cette crise sanitaire avait entraîné plus de 11.300 décès sur environ 29.000 cas, touchant principalement la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone.
Les autorités sanitaires africaines et les organisations internationales poursuivent désormais leurs efforts pour renforcer la surveillance épidémiologique, améliorer les capacités de prise en charge et limiter la propagation de cette nouvelle flambée, dans un contexte où chaque retard dans la réponse accroît le risque d’extension de la maladie.
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