Ebola en RDC : les attaques contre les soignants menacent la lutte contre l’épidémie
Face à la progression de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les Nations unies tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. L’organisation internationale dénonce une recrudescence des violences visant les personnels de santé et les acteurs humanitaires engagés dans la riposte, estimant que cette insécurité compromet directement les opérations destinées à contenir la maladie.
Lors d’un point de presse organisé à New York, le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, a exprimé la vive préoccupation de l’organisation face à la multiplication des attaques contre les équipes médicales et humanitaires. Selon lui, ces actes entravent les interventions sur le terrain et compliquent la prise en charge des populations affectées.
Depuis la déclaration de cette flambée épidémique, les agences onusiennes et leurs partenaires humanitaires ont recensé plusieurs incidents dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les attaques ont notamment visé des structures de santé, des convois humanitaires et des membres du personnel mobilisés pour les campagnes de surveillance, de vaccination et de traitement. Plusieurs travailleurs humanitaires ont été blessés au cours de ces violences.
L’un des incidents les plus marquants est survenu au début du mois de juillet, lorsqu’un centre de traitement d’Ebola situé à Butembo, dans le Nord-Kivu, a été attaqué par des individus armés non identifiés. Une partie des installations a été incendiée, perturbant les activités médicales et la prise en charge des patients.
Cette dégradation du contexte sécuritaire intervient alors que les autorités sanitaires constatent une extension géographique de l’épidémie. De nouveaux cas confirmés ont été enregistrés dans la zone de santé de Boga, en Ituri, illustrant la difficulté à freiner la propagation du virus dans une région déjà confrontée à de nombreux défis sécuritaires et humanitaires.
Les Nations unies rappellent que la sécurité des professionnels de santé constitue une condition essentielle à l’efficacité des opérations de lutte contre Ebola. Les équipes déployées interviennent souvent dans des zones difficiles d’accès et exposées aux conflits, où elles assurent le dépistage, le suivi des contacts, la vaccination des populations à risque ainsi que les soins aux personnes infectées.
Les autorités sanitaires soulignent également que la coopération entre les communautés locales, les services de santé et les organisations humanitaires demeure indispensable pour limiter la transmission du virus. Toute interruption des interventions ou tout retard dans le suivi des cas augmente le risque de propagation de la maladie.
L’épidémie figure parmi les plus importantes jamais enregistrées pour cette maladie. Les autorités de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda font état de plusieurs centaines de décès et de plus de 1 700 cas confirmés, témoignant de l’ampleur de cette crise sanitaire qui continue de mobiliser les acteurs nationaux et internationaux.
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