Économie bleue : le Maroc et la Guinée scellent une alliance stratégique pour une pêche durable
L'axe Rabat-Conakry se renforce autour des enjeux maritimes. Ce mardi, la Secrétaire d'État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, a reçu à Rabat le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime de la République de Guinée, Fassou Théa. Cette rencontre de haut niveau marque un tournant dans la coopération halieutique entre les deux nations, avec pour ambition de transformer les ressources marines en véritable moteur de croissance partagée.
Une impulsion régionale via la COMHAFAT
Au-delà du cadre bilatéral, cette visite de travail revêt une dimension continentale. En sa qualité de président en exercice de la Conférence Ministérielle sur la Coopération Halieutique entre les États Africains Riverains de l’Océan Atlantique (COMHAFAT), Fassou Théa a plaidé pour une redynamisation de cette institution qui regroupe 22 pays.
L'objectif est clair : harmoniser la gouvernance du secteur à l'échelle régionale et s'inspirer du modèle marocain pour optimiser l'exploitation des richesses atlantiques. Le ministre guinéen a d'ailleurs salué la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dont l'engagement a permis l'émergence d'infrastructures halieutiques de référence au sein du Royaume.
Synergies entre le plan Halieutis et Simandou 2040
Les échanges ont permis de confronter les visions stratégiques des deux États. Tandis que le Maroc capitalise sur l'expertise de son plan Halieutis, la Guinée a présenté son ambitieux programme « Simandou 2040 ». Ce dernier prévoit une restructuration profonde de l'économie maritime guinéenne, axée sur la durabilité et la création de valeur ajoutée.
Zakia Driouich a réaffirmé la disponibilité du Maroc à consolider cette coopération Sud-Sud à travers des projets concrets et opérationnels. Plusieurs axes prioritaires ont été identifiés pour donner un nouveau souffle à cet accord vieux de deux décennies :
- L'aquaculture : Un secteur clé pour soulager la pression sur les stocks sauvages.
- La valorisation : Améliorer les chaînes de valeur pour accroître les revenus des exportations.
- Le capital humain : Renforcement des capacités techniques et formation des cadres.
Technologie et surveillance au cœur des enjeux
La délégation guinéenne a clôturé cette rencontre par une visite d'immersion au Centre de surveillance des navires de pêche du Maroc. Ce passage à la pratique a permis aux officiels de Conakry de découvrir les dispositifs technologiques de pointe utilisés par le Royaume pour le contrôle et la régulation des activités maritimes.
Ce partage d'expertise en matière de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) constitue un pilier essentiel de la sécurité alimentaire et de la préservation de la biodiversité marine dans la zone atlantique africaine.
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