Économie marocaine : la dynamique reste favorable à fin juillet 2026
L’économie marocaine conserve une trajectoire globalement positive au cours des sept premiers mois de 2026. Dans sa dernière note de conjoncture, la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relève une activité soutenue par la demande intérieure, l’investissement et le redressement de plusieurs secteurs, tandis que l’inflation demeure à un niveau contenu.
La note de conjoncture n°354, publiée lundi, met toutefois en évidence plusieurs points de vigilance, notamment concernant les échanges extérieurs.
La demande intérieure continue de soutenir l’activité
La consommation des ménages reste l’un des principaux ressorts de l’économie. À fin juillet, l’indice des prix à la consommation n’a progressé que de 0,3 %, témoignant d’une évolution encore modérée des prix.
Cette dynamique s’accompagne d’une progression des ressources injectées dans l’économie par les Marocains résidant à l’étranger. Leurs transferts ont augmenté de 9,9 % à fin juin, tandis que les crédits à la consommation ont enregistré une hausse de 4,5 %.
Ces indicateurs traduisent une demande intérieure qui conserve une certaine vigueur malgré un environnement économique international toujours marqué par des incertitudes.
Le crédit bancaire accélère
L’un des signaux les plus significatifs relevés par la DEPF concerne le financement de l’économie. Les crédits bancaires ont progressé de 10,9 % à fin juin 2026, contre seulement 5,7 % sur la même période un an auparavant.
Les entreprises bénéficient particulièrement de cette progression. Les crédits accordés aux sociétés non financières ont augmenté de 9,5 %, tandis que les crédits destinés à l’équipement ont enregistré une hausse spectaculaire de 32,3 %.
Cette accélération constitue un indicateur important de la vigueur de l’investissement productif. Elle suggère que les entreprises continuent de mobiliser davantage de financements pour leurs projets et leurs capacités de production.
L’investissement garde un rythme soutenu
Les données budgétaires et commerciales confirment également une orientation favorable de l’investissement.
Les dépenses d’équipement du Budget général de l’État ont progressé de 13,9 % à fin juillet. Dans le même temps, les recettes liées aux investissements directs étrangers ont augmenté de 14,4 % à fin juin.
Les importations de biens d’équipement ont, elles aussi, fortement progressé, avec une hausse de 21,2 %. Cette évolution peut notamment traduire l’acquisition accrue de machines, de matériels et d’équipements nécessaires aux projets d’investissement.
L’ensemble de ces indicateurs dessine ainsi une économie portée simultanément par l’investissement public, les capitaux étrangers et l’effort d’équipement des entreprises.
L’agriculture retrouve un rôle moteur
Le redressement du secteur agricole constitue un autre élément central de la conjoncture. Après plusieurs campagnes affectées par des conditions climatiques difficiles, l’amélioration de la situation agricole contribue fortement à la progression de l’activité.
La valeur ajoutée agricole a ainsi augmenté de 18,4 % au premier trimestre 2026. La production céréalière de la campagne 2025-2026 est, pour sa part, estimée à environ 90 millions de quintaux.
Les autres productions agricoles et l’élevage profitent également de conditions de production plus favorables. Cette amélioration apporte un soutien important aux revenus ruraux et à l’activité dans les secteurs directement ou indirectement liés à l’agriculture.
Une trajectoire favorable, mais à surveiller
À fin juillet, plusieurs indicateurs convergent donc vers une conjoncture relativement solide : consommation soutenue, crédit en accélération, investissement dynamique et reprise agricole.
La DEPF souligne néanmoins la nécessité de rester attentif à certains déséquilibres, notamment sur le plan des échanges extérieurs. La capacité de l’économie marocaine à maintenir cette dynamique dépendra ainsi de la poursuite de l’investissement, de la consolidation de la demande intérieure et de l’évolution des conditions économiques internationales.
Après avoir enregistré une croissance de 4,8 % en 2025, l’économie marocaine aborde ainsi les derniers mois de 2026 avec plusieurs moteurs favorables, tout en restant confrontée aux défis liés à son environnement extérieur.
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