Élections en Israël : Netanyahu devance l’opposition, mais l’impasse politique persiste
Les élections législatives en Israël dessinent un paysage politique fragmenté. Après le dépouillement de 51,8 % des bulletins, la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive en tête, sans toutefois disposer des sièges nécessaires pour former un gouvernement. Selon les données de la Commission électorale, le Likoud et ses alliés obtiennent provisoirement 55 sièges sur les 120 que compte la Knesset, contre 49 pour le bloc de l’opposition et 16 pour les partis arabes.
Ces résultats partiels restent susceptibles d’évoluer au fil du dépouillement. Les sondages à la sortie des urnes publiés mardi donnaient déjà les deux principaux camps au coude-à-coude, sans majorité clairement identifiable.
Netanyahu et l’opposition revendiquent la victoire
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son principal rival, le centriste Gadi Eisenkot, ont tous deux revendiqué une position favorable à l’issue du scrutin.
Netanyahu a appelé à la formation d’un gouvernement de droite fort, invitant la majorité juive et sioniste à s’unir. De son côté, Gadi Eisenkot a affirmé que les électeurs avaient choisi le changement et s’est engagé à tout mettre en œuvre pour constituer une nouvelle coalition.
Le président américain Donald Trump a également commenté les résultats. Il a estimé que son soutien à Netanyahu durant les derniers jours de campagne avait largement contribué à renforcer sa position, alors que plusieurs enquêtes d’opinion annonçaient auparavant un avantage pour l’opposition.
Ce scrutin revêt une importance particulière pour le chef du gouvernement israélien, dont l’avenir politique dépendra de sa capacité à réunir une majorité parlementaire.
Une majorité difficile à constituer
Pour gouverner, les partis doivent réunir au moins 61 sièges à la Knesset. Or, les résultats partiels ne permettent à aucun des deux principaux camps d’atteindre ce seuil.
Sur le plan arithmétique, le bloc de l’opposition pourrait envisager une coopération avec les partis arabes, dont les représentants disposent ensemble d’un poids parlementaire significatif. Toutefois, cette perspective demeure incertaine. Gadi Eisenkot et plusieurs de ses alliés ont jusqu’ici écarté l’idée d’une alliance avec ces formations, par crainte notamment de s’aliéner une partie de leur électorat.
Cette configuration complique les négociations à venir. Selon Ilana Shpaizman, maîtresse de conférences en sciences politiques à l’université Bar-Ilan, Benjamin Netanyahu ne dispose pas, à ce stade, des soutiens nécessaires pour former un gouvernement avec ses alliés actuels. L’opposition devrait, quant à elle, envisager soit un accord avec les partis arabes, soit la constitution d’un gouvernement minoritaire.
Les partis arabes en position d’arbitres
Les résultats partiels mettent également en évidence la progression des deux principales listes arabes israéliennes : Raam, connue sous le nom de Liste arabe unie, et la Liste unifiée.
Leur représentation parlementaire pourrait peser sur les négociations si aucun bloc ne parvient à obtenir une majorité autonome. Leur rôle devient ainsi déterminant dans les différentes configurations possibles, même si les divergences politiques entre les formations rendent les alliances incertaines.
Dans un Parlement fragmenté, leur capacité à soutenir ou à faciliter la formation d’une coalition pourrait influencer l’issue du scrutin.
Un scrutin aux répercussions régionales
Ces élections sont suivies de près au-delà des frontières israéliennes. Elles interviennent alors que le pays fait face à des critiques internationales croissantes concernant la conduite de la guerre à Gaza et l’intensification des violences en Cisjordanie occupée.
La composition du prochain gouvernement pourrait également peser sur les orientations israéliennes au Moyen-Orient, notamment vis-à-vis de l’Iran, contre lequel Benjamin Netanyahu a multiplié les menaces de nouvelles opérations militaires ces derniers jours.
La participation électorale, annoncée à son niveau le plus élevé depuis plus de 25 ans, témoigne par ailleurs de l’importance de ce rendez-vous politique dans un pays profondément divisé.
Les résultats définitifs attendus dans les prochains jours
En attendant la publication des résultats définitifs, l’incertitude demeure quant à la capacité des différentes forces politiques à trouver un accord. Si aucune coalition ne se dégage, Benjamin Netanyahu devrait rester Premier ministre par intérim jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement.
Une absence prolongée d’accord pourrait également conduire à de nouvelles élections, une situation déjà rencontrée à plusieurs reprises dans l’histoire politique israélienne.
Les résultats définitifs sont attendus jeudi soir ou vendredi matin, selon les médias israéliens. Le président Isaac Herzog doit ensuite recevoir les représentants des différents partis avant de désigner un candidat chargé de tenter de former une coalition gouvernementale.
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