Emploi au Maroc : le gouvernement mobilise 15 milliards de dirhams supplémentaires pour accélérer l’insertion des jeunes
Le gouvernement marocain renforce son offensive en faveur de l’emploi avec une nouvelle impulsion donnée à sa Feuille de route nationale à l’horizon 2030. Soutenue par une enveloppe additionnelle de près de 15 milliards de dirhams, cette stratégie vise à favoriser une insertion professionnelle plus inclusive, à soutenir les investissements créateurs d’emplois et à adapter les dispositifs publics aux réalités économiques des territoires.
Présentées par le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, dans une réponse écrite adressée à la Chambre des conseillers, ces mesures traduisent la volonté de faire de l’emploi un levier majeur du développement économique et social.
Une priorité donnée aux jeunes éloignés du marché du travail
La nouvelle phase de la stratégie nationale cible en premier lieu les jeunes qui rencontrent les plus grandes difficultés d’accès à l’emploi. Les personnes sorties du système éducatif sans diplôme seront désormais intégrées aux principaux programmes publics d’insertion professionnelle.
Cette orientation s’inscrit dans l’objectif fixé par le programme gouvernemental 2021-2026, qui ambitionne la création d’au moins un million d’emplois nets tout en plaçant le capital humain au cœur des politiques publiques.
Parallèlement, les autorités souhaitent renforcer les actions destinées aux jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni scolarisés, afin de réduire durablement les situations d’exclusion du marché du travail.
L’ANAPEC appelée à jouer un rôle renforcé
L’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) occupera une place centrale dans ce dispositif. Son plan stratégique prévoit des objectifs ambitieux, notamment l’accompagnement de centaines de milliers de demandeurs d’emploi et le soutien à l’entrepreneuriat ainsi qu’aux très petites entreprises.
L’agence poursuivra également sa transformation numérique avec la création d’agences digitales pilotes, la modernisation de ses services, le renforcement de son maillage territorial et la mise en œuvre d’un nouveau modèle de performance destiné à améliorer l’efficacité de ses interventions.
Une approche territoriale pour mieux répondre aux besoins locaux
Le gouvernement entend adapter sa politique de l’emploi aux spécificités économiques de chaque région. Des diagnostics territoriaux permettront d’identifier les secteurs les plus porteurs afin d’orienter les investissements et les dispositifs d’accompagnement vers les besoins réels des marchés locaux.
Cette territorialisation prévoit également la signature de contrats-programmes avec les régions, la création d’espaces dédiés à l’emploi et à l’entrepreneuriat ainsi que la mise en place d’instances de gouvernance associant les différents acteurs institutionnels et économiques.
Les Conseils régionaux seront mobilisés pour soutenir des initiatives ciblées, notamment en faveur de l’auto-emploi, des coopératives, des projets générateurs de revenus et de l’amélioration de l’employabilité des publics les plus vulnérables.
Une stratégie qui agit sur plusieurs leviers
Au-delà des dispositifs d’insertion, la feuille de route prévoit des actions visant à lever les freins structurels à l’accès au marché du travail. Le gouvernement souhaite notamment faciliter l’emploi des femmes grâce à l’amélioration des solutions de mobilité, au développement des infrastructures de garde d’enfants et au renforcement des services de proximité.
La stratégie intègre également la lutte contre le décrochage scolaire, le développement des Écoles de la deuxième chance ainsi que l’élargissement de l’offre de formation professionnelle.
Parmi les leviers mobilisés figurent également le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, la stratégie « Génération Green » et plusieurs programmes destinés à soutenir les secteurs créateurs d’emplois.
Des réformes en cours pour moderniser les dispositifs d’insertion
Le ministère poursuit enfin la réforme de plusieurs programmes structurants. Le dispositif « Idmaj » doit être élargi aux jeunes non diplômés, tandis que la refonte du programme « Taehil » est toujours en préparation.
Un nouveau mécanisme d’aide unique à l’embauche est également en cours de conception afin de simplifier les dispositifs existants et de renforcer leur efficacité. En parallèle, un modèle pilote de centres d’orientation professionnelle, développé avec le ministère de l’Enseignement supérieur et l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), devrait contribuer à améliorer l’accompagnement des jeunes vers l’emploi.
À travers cette nouvelle étape de sa feuille de route, le gouvernement affiche sa volonté de construire une politique de l’emploi davantage orientée vers les résultats, en s’appuyant sur une gouvernance territoriale renforcée, une modernisation des services publics et un accompagnement plus ciblé des jeunes et des porteurs de projets.
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