Énergie et transport : le gouvernement intensifie ses subventions pour amortir la crise
Face à la hausse continue des prix de l’énergie à l’échelle mondiale, le gouvernement marocain renforce ses mécanismes de soutien afin de limiter l’impact sur les ménages et les entreprises. Selon le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, l’État mobilise désormais plus de 1,6 milliard de dirhams par mois pour stabiliser les prix du gaz butane, de l’électricité et du transport.
Un soutien accru au gaz butane
Le gaz butane, largement utilisé dans les foyers marocains, bénéficie d’un effort budgétaire particulièrement important. L’État prend en charge 78 dirhams par bonbonne de 12 kg, contre seulement 30 dirhams avant la récente crise énergétique.
Cette augmentation de la subvention, soit un soutien supplémentaire de 48 dirhams par bonbonne, représente un coût mensuel estimé à près de 600 millions de dirhams pour les finances publiques. Ce dispositif permet de maintenir des prix accessibles malgré la volatilité des marchés internationaux, fortement influencés par les tensions géopolitiques.
Électricité : des tarifs maintenus stables
Autre axe majeur de cette politique de soutien : la stabilité des prix de l’électricité. Alors que les coûts de production connaissent une hausse significative, les tarifs appliqués aux ménages et aux entreprises n’ont pas été revus à la hausse.
Cette décision vise à préserver le pouvoir d’achat des citoyens tout en soutenant la compétitivité du tissu économique. Elle représente un effort financier supplémentaire d’environ 400 millions de dirhams par mois.
Transport : une aide directe aux professionnels
Le gouvernement a également mis en place une aide ciblée pour les professionnels du transport. Entre le 15 mars et le 15 avril, une subvention de 3 dirhams par litre de carburant a été accordée à plusieurs catégories, notamment les taxis, les bus, le transport scolaire, touristique et rural.
Ce dispositif, dont le coût mensuel est estimé à 648 millions de dirhams, repose sur un système de versement direct opérationnel depuis la mi-mars. Il vise à atténuer les effets de la hausse des carburants sur les coûts de transport et, indirectement, sur les prix à la consommation.
Une réponse à un contexte international tendu
Ces mesures interviennent dans un contexte marqué par les répercussions économiques des tensions au Moyen-Orient, qui continuent d’alimenter la hausse des prix de l’énergie à l’échelle mondiale.
Le gouvernement affirme suivre de près l’évolution de la situation et n’exclut pas d’étendre ces dispositifs de soutien à d’autres secteurs si les conditions l’exigent. Il souligne également que la réussite de ces mesures repose sur une mobilisation collective, dans la continuité des efforts observés lors de la crise du COVID-19.
Un effort budgétaire conséquent pour amortir l’inflation
Au total, l’ensemble de ces mesures représente un effort mensuel avoisinant 1,65 milliard de dirhams. À travers cette mobilisation financière, l’État cherche à amortir le choc inflationniste, à protéger le pouvoir d’achat des ménages et à maintenir un climat économique stable.
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