Enseignement supérieur : la CDT durcit le ton et annonce une série de grèves en septembre
Le bras de fer se poursuit entre la Confédération démocratique du travail (CDT) et le ministère de l’Enseignement supérieur. Réuni le 26 août 2026, le Bureau national du Syndicat national des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires a dressé un bilan particulièrement critique de la situation professionnelle du secteur, tout en annonçant un nouveau calendrier de mobilisation pour le mois de septembre.
Au terme de cette réunion, le syndicat fait état d’une montée de la frustration parmi les fonctionnaires, qu’il relie principalement au retard enregistré dans le traitement de plusieurs revendications considérées comme prioritaires. Pour l’organisation syndicale, les engagements pris précédemment par le ministère n’ont pas encore produit les résultats attendus.
Des dossiers toujours en attente
Au centre des préoccupations figure le statut particulier des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires. Le syndicat déplore que ce texte ne soit toujours pas publié, alors qu’il constitue, selon lui, un élément déterminant pour clarifier la situation administrative et professionnelle des personnels concernés.
La question de l’augmentation des salaires reste également au cœur des revendications. La CDT réclame la mise en œuvre concrète des engagements annoncés par le ministère, avec un versement intégral et un effet rétroactif à partir du 1er janvier 2026.
Plusieurs dossiers catégoriels restent par ailleurs sans issue, notamment ceux concernant les fonctionnaires titulaires d’un doctorat ou disposant de diplômes spécifiques.
Autre sujet de tension : les frais d’inscription universitaire encore appliqués à certains fonctionnaires dans plusieurs établissements. Le syndicat conteste le maintien de ces frais et rappelle l’engagement qui avait été pris en faveur de leur exonération.
La CDT dénonce un dialogue social déséquilibré
Le syndicat critique également la manière dont le dialogue sectoriel est conduit par le ministère. Il affirme que son organisation n’aurait pas bénéficié du même accès aux responsables gouvernementaux que d’autres centrales syndicales.
La CDT estime que cette situation traduit une forme de traitement différencié entre les organisations représentatives et demande l’ouverture d’un dialogue direct autour des revendications toujours en suspens.
Sur le dossier de l’enseignement à horaire aménagé, l’organisation syndicale maintient également son opposition à l’instauration de frais qu’elle considère contraires au principe de gratuité de l’université publique.
Un calendrier de mobilisation particulièrement chargé
Face à l’absence d’avancées jugées suffisantes, le Bureau national a décidé de poursuivre et d’intensifier son programme de protestation.
Un boycott de la rentrée universitaire est annoncé du 1er au 14 septembre 2026 dans les établissements d’enseignement supérieur ainsi qu’au niveau de l’administration centrale. Les participants porteront, durant cette période, un badge syndical afin de matérialiser la mobilisation.
À cette action s’ajouteront deux mouvements de grève nationale de 72 heures. Le premier est prévu les 8, 9 et 10 septembre, avec un rassemblement annoncé devant le siège du ministère de l’Enseignement supérieur à Rabat le 9 septembre à 11 heures.
Une deuxième grève nationale de trois jours est programmée les 15, 16 et 17 septembre.
Ce calendrier place ainsi la rentrée universitaire sous le signe d’une forte mobilisation syndicale, alors que les discussions autour des revendications professionnelles restent ouvertes.
La gratuité universitaire au cœur des revendications
Au-delà des questions salariales et statutaires, la CDT entend également défendre le principe de gratuité de l’université publique. Le syndicat réaffirme notamment son opposition aux frais associés à certains dispositifs d’enseignement à horaire aménagé.
Cette revendication s’inscrit dans une contestation plus large portant sur les conditions d’accès aux services universitaires pour les fonctionnaires du secteur.
L’organisation appelle ses adhérents ainsi que l’ensemble des personnels concernés à maintenir leur mobilisation et leur unité afin d’obtenir la concrétisation des engagements annoncés.
Une rentrée universitaire sous tension
À quelques jours de la rentrée, le conflit syndical intervient dans un contexte particulièrement sensible pour l’enseignement supérieur. Pour la CDT, les mois de discussions et les reports successifs n’ont pas permis de débloquer les principaux dossiers professionnels.
Le syndicat va jusqu’à considérer que le ministre de l’Enseignement supérieur n’a pas réussi à apporter une réponse satisfaisante aux revendications des fonctionnaires au cours de son mandat.
Avec le boycott annoncé et deux grèves nationales successives, la CDT entend désormais maintenir la pression sur le ministère. L’évolution du dialogue social dans les prochaines semaines sera donc déterminante pour savoir si le mouvement pourra être désamorcé ou s’il débouchera sur une confrontation plus durable dans le secteur de l’enseignement supérieur.
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