Épidémie d’Ebola en Afrique centrale : l’OMS décrète une urgence sanitaire internationale
L’Organisation mondiale de la Santé (Organisation mondiale de la Santé) a annoncé que la recrudescence de la maladie à virus Ebola liée au virus Bundibugyo en République démocratique du Congo et en Ouganda constitue désormais une urgence de santé publique de portée internationale. Cette décision s’inscrit dans le cadre du Règlement sanitaire international de 2005. L’organisation précise toutefois que la situation ne correspond pas à une urgence pandémique.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a expliqué que cette classification repose sur l’analyse des données scientifiques disponibles, les consultations avec les États concernés et l’évaluation du risque de propagation internationale.
En République démocratique du Congo (République démocratique du Congo), la situation est particulièrement préoccupante dans la province de l’Ituri, où plusieurs foyers actifs ont été identifiés. Les autorités sanitaires font état de cas confirmés en laboratoire, de nombreux cas suspects et de décès suspectés. Les zones les plus touchées incluent notamment Bunia, Rwampara et Mongbwalu.
Des cas suspects ont également été signalés dans la région du Nord-Kivu, ce qui renforce les inquiétudes sur une possible extension géographique de l’épidémie.
En Ouganda, des cas importés ont été confirmés chez des personnes ayant voyagé depuis la RDC, notamment dans la capitale Kampala. Un autre cas a également été détecté à Kinshasa chez une personne revenant d’Ituri, confirmant ainsi la circulation transfrontalière du virus.
Les autorités sanitaires s’inquiètent également de plusieurs décès parmi les personnels de santé, ce qui pourrait indiquer des failles dans les mesures de prévention et de contrôle des infections dans certains établissements médicaux. Les premiers résultats suggèrent que le nombre réel de cas pourrait être supérieur aux chiffres officiels.
L’OMS souligne que plusieurs facteurs aggravent la situation, notamment l’insécurité dans certaines zones, la forte mobilité des populations, la densité urbaine, ainsi que le recours fréquent à des structures de santé informelles. Ces conditions augmentent le risque de propagation rapide du virus.
Par ailleurs, il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique homologué contre le virus Ebola de souche Bundibugyo, contrairement à d’autres variants connus.
Face à cette situation, l’OMS recommande un renforcement urgent de la surveillance épidémiologique, du traçage des contacts, des capacités de laboratoire et des mesures de prévention dans les structures de santé. Elle appelle également à la mise en place de centres de traitement spécialisés, à des contrôles aux frontières et à une mobilisation communautaire renforcée.
L’organisation déconseille cependant les restrictions générales de voyage ou la fermeture des frontières, estimant que ces mesures sont peu efficaces et pourraient favoriser des déplacements non contrôlés.
Enfin, un comité d’urgence international doit être convoqué afin d’évaluer la situation et de proposer de nouvelles recommandations aux États concernés.
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