Escalade militaire : les compagnies aériennes désertent la région
Le trafic aérien au Moyen-Orient a été fortement perturbé ce week-end à la suite des frappes menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Face à la dégradation rapide de la situation sécuritaire, de nombreuses compagnies aériennes ont suspendu leurs liaisons vers plusieurs destinations de la région, entraînant une vague d’annulations en série.
Des liaisons suspendues par précaution
La compagnie Air France a annoncé l’annulation de ses vols vers Tel-Aviv et Beyrouth, avant d’étendre ces mesures à Dubaï et Riyad. La décision s’inscrit dans un contexte de fermetures successives d’espaces aériens, décidées par plusieurs États de la région pour des raisons de sécurité.
En Europe, le groupe Lufthansa a suspendu ses dessertes à destination et en provenance de Tel-Aviv, Beyrouth, Amman, Erbil et Téhéran jusqu’au 7 mars. Les vols vers Dubaï et Abu Dhabi ont également été temporairement interrompus. Sa filiale Swiss a pris des mesures similaires, notamment sur la liaison Zurich-Dubaï.
Du côté britannique, British Airways a suspendu ses rotations vers Tel-Aviv et Bahreïn. La compagnie norvégienne Norwegian a, elle aussi, interrompu ses vols vers Dubaï pour plusieurs jours.
Une paralysie régionale
La compagnie Turkish Airlines, très présente au Moyen-Orient, a suspendu ses vols vers dix pays de la région. Son porte-parole, Yahya Ustun, a précisé que les liaisons vers le Liban, la Syrie, l’Irak, l’Iran et la Jordanie étaient annulées jusqu’au 2 mars, tandis que d’autres destinations du Golfe faisaient l’objet de suspensions temporaires.
De son côté, Air India a annoncé la suspension de l’ensemble de ses vols vers les destinations du Moyen-Orient. La Russie a également interrompu ses liaisons aériennes vers l’Iran et Israël « jusqu’à nouvel ordre ».
Plusieurs pays, dont le Qatar, l’Irak, le Koweït et Bahreïn, ont fermé totalement ou partiellement leur espace aérien. Les Émirats arabes unis ont annoncé une fermeture partielle et temporaire, tout comme la Syrie. L’espace aérien israélien et iranien reste également fermé aux vols civils.
Escalade militaire et tensions accrues
L’escalade militaire a franchi un nouveau cap lorsque le président américain Donald Trump a évoqué le lancement « d’opérations de combat majeures » contre l’Iran. De son côté, Israël a revendiqué une « frappe préventive » visant à neutraliser des menaces imminentes.
Des explosions ont été entendues à Jérusalem après le déclenchement de sirènes d’alerte, tandis que l’armée israélienne affirmait avoir détecté des tirs de missiles en provenance d’Iran.
Dans ce contexte explosif, le ciel du Moyen-Orient s’est considérablement vidé de ses avions civils. Les compagnies aériennes, soucieuses de garantir la sécurité de leurs passagers et équipages, privilégient pour l’instant la prudence, laissant planer une incertitude sur la reprise normale du trafic dans la région.
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