Espagne : Le Premier ministre Pedro Sánchez sous le feu des accusations au procès de l’affaire Ábalos
Le procès des contrats de masques durant la pandémie vient de basculer dans une dimension purement politique. Ce mercredi 29 avril 2026, l’homme d’affaires Víctor de Aldama, figure centrale du dossier, a brisé le silence devant les magistrats de Madrid. Ses déclarations, d'une virulence inédite, visent directement le Premier ministre Pedro Sánchez, qu'il décrit non pas comme un simple témoin passif, mais comme le véritable chef d'orchestre d'un réseau de détournement de fonds publics.
Un organigramme criminel dénoncé à la barre
Alors que le gouvernement tentait jusqu’ici de limiter l'incendie à l'ancien ministre des Transports, José Luis Ábalos, Víctor de Aldama a dressé un organigramme sans équivoque de ce qu'il qualifie de « bande organisée ». Selon lui, la hiérarchie du réseau plaçait le chef du gouvernement au « premier rang », devant ses ministres et conseillers.
L'entrepreneur a notamment détaillé une rencontre avec Pedro Sánchez, orchestrée par l'intermédiaire Koldo García. À cette occasion, le Premier ministre lui aurait exprimé sa gratitude pour ses activités, prouvant, selon le prévenu, que le sommet de l'État était parfaitement au fait des manœuvres en cours. Plus grave encore, l'accusé affirme qu'une partie des bénéfices générés par les commissions sur les contrats sanitaires a servi à financer illégalement les caisses du Parti socialiste (PSOE).
Le crépuscule de l'ère Ábalos
Cette déposition est un coup de massue pour le PSOE. José Luis Ábalos, contre qui le parquet requiert 24 ans de prison, n'était pas un simple ministre : il fut l'architecte de l'ascension politique de Pedro Sánchez et le pilier de l'appareil du parti. Le ministère public décrit un système où l'accès privilégié aux marchés publics était monnayé contre des faveurs fastueuses, finançant le train de vie de l'ex-ministre et de son entourage.
L'affaire prend une tournure d'autant plus dramatique pour la Moncloa que l'ombre de la justice plane désormais sur le cercle intime du Premier ministre. Entre les poursuites visant son épouse Begoña Gómez et le procès à venir de son frère David Sánchez, le gouvernement semble encerclé par les dossiers de trafic d'influence et de corruption.
Une défense gouvernementale sous pression
Face à ces accusations, Pedro Sánchez maintient une ligne de déni absolu, réfutant tout lien financier entre les prévenus et sa formation politique. Cependant, la crédibilité de cette défense est mise à rude épreuve par la répétition des scandales touchant ses plus proches collaborateurs.
Alors que les débats doivent théoriquement s'achever ce jeudi, l'opinion publique espagnole reste suspendue au jugement. Au-delà des peines de prison, c'est la survie politique d'un gouvernement affaibli par les révélations sur sa "garde rapprochée" qui se joue désormais dans l'enceinte du tribunal.
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