États-Unis : la justice fédérale bloque le déploiement de la Garde nationale ordonné par Trump
Un revers judiciaire pour l’administration Trump. Des centaines de soldats de la Garde nationale américaine ont commencé à se retirer dimanche de Chicago et Portland, à la suite d’une décision de justice jugeant leur déploiement « illégal ». Le tribunal fédéral a en effet estimé que la Constitution américaine ne conférait pas au gouvernement fédéral le pouvoir d’envoyer des troupes dans des villes sans l’accord des autorités locales.
Le juge, dont la décision fait jurisprudence, a également émis une interdiction permanente du déploiement de ces forces, estimant que cette mesure constituait une atteinte directe au principe de la séparation des pouvoirs entre les États et le gouvernement fédéral.
Une opération controversée depuis des mois
Depuis juin, Donald Trump avait ordonné le déploiement de la Garde nationale dans plusieurs grandes villes dirigées par des élus démocrates — dont Los Angeles, Washington, Portland et Chicago — au nom de la lutte contre la criminalité et les violences urbaines. Ces interventions, largement critiquées, avaient suscité une série de recours en justice déposés par les maires et gouverneurs concernés.
Selon le New York Times, environ 400 soldats – 200 à Chicago et 200 à Portland – ont entamé leur retrait progressif. Ces troupes provenaient notamment de Californie et du Texas. Bien que la plupart n’aient pas été engagées sur le terrain en raison des contestations judiciaires, leur simple présence dans les villes avait été perçue comme un geste d’intimidation politique.
Le Commandement nord-américain (NORTHCOM), qui supervise les opérations militaires sur le continent, a confirmé vouloir « redimensionner » l’engagement de la Garde nationale dans plusieurs métropoles américaines, sans toutefois préciser la nouvelle orientation de la mission.
Une décision à portée constitutionnelle
Le recours à la Garde nationale sur ordre du président, sans demande explicite des gouverneurs, est exceptionnel et soulève des interrogations sur la portée du pouvoir exécutif. Historiquement, ces forces sont placées sous l’autorité des États et mobilisées en cas d’urgence — catastrophes naturelles, crises sanitaires ou troubles graves à l’ordre public.
Mais pour une partie de la gauche américaine, ce déploiement traduisait surtout une dérive autoritaire du pouvoir fédéral. Plusieurs organisations de défense des droits civiques avaient dénoncé un risque de militarisation du maintien de l’ordre.
En octobre déjà, un tribunal de première instance et une cour d’appel avaient bloqué l’envoi de troupes à Chicago, estimant que cette décision violait la souveraineté des États. La Cour suprême américaine doit désormais trancher définitivement la question.
Un test politique et institutionnel
Ce revers judiciaire intervient alors que Donald Trump continue de défendre sa politique sécuritaire musclée. Ses partisans estiment que ces interventions étaient nécessaires pour « rétablir l’ordre » face à la criminalité urbaine. Ses opposants, eux, y voient une instrumentalisation de la force publique à des fins électorales.
Quoi qu’il en soit, la décision du juge fédéral marque une victoire symbolique pour les défenseurs du fédéralisme, rappelant que la sécurité intérieure demeure avant tout une prérogative des États, et non du gouvernement central.
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