États-Unis : Trump gèle 2,1 milliards de dollars pour Chicago en pleine crise budgétaire
Alors que les États-Unis vivent leur troisième jour de paralysie budgétaire, l’administration du président Donald Trump a annoncé, vendredi, le gel de 2,1 milliards de dollars alloués au développement des transports publics de Chicago. Une décision qui vise une nouvelle fois une grande ville démocrate, accentuant la crispation politique autour du shutdown.
Le directeur du budget, Russ Vought, a justifié cette mesure par la volonté de s’assurer que ces fonds « ne transitent pas via des contrats fondés sur des critères raciaux ». Cette enveloppe devait financer l’extension des lignes de métro aérien dans la troisième plus grande ville américaine.
Cette suspension s’ajoute aux précédents blocages décidés par la Maison-Blanche : en tout, 26 milliards de dollars de financements ont été gelés depuis mercredi, touchant notamment des projets de transport à New York ainsi que des programmes d’énergie verte en Californie et dans l’Illinois.
Un affrontement politique sans issue
Le Congrès reste paralysé, incapable de trouver un compromis pour adopter le budget fédéral. En jeu, 1 700 milliards de dollars de crédits publics, soit près d’un quart des dépenses annuelles de l’État.
Les démocrates exigent que le texte inclue la prolongation des subventions de santé instaurées pendant la pandémie, qui expirent en décembre. Les républicains refusent, estimant que cette question doit être traitée séparément.
En attendant, le blocage entraîne la suspension de nombreuses activités fédérales : recherche scientifique, régulation financière, services administratifs. Quelque deux millions de fonctionnaires se retrouvent sans salaire, à l’exception des agents jugés essentiels comme les militaires et le personnel de sécurité dans les aéroports.
L’économie sous pression
L’absence du rapport mensuel sur l’emploi a renforcé l’incertitude sur les marchés financiers. Un shutdown prolongé pourrait perturber le transport aérien, retarder les aides alimentaires à des millions d’Américains et forcer les tribunaux fédéraux à fermer.
Un scénario déjà vécu : le plus long arrêt de l’administration, en 2018-2019, avait duré 35 jours, également sous la présidence Trump. Aujourd’hui, les positions restent figées : le Sénat doit de nouveau examiner deux propositions concurrentes – l’une républicaine, l’autre démocrate – mais aucune ne semble en mesure de réunir la majorité nécessaire.
En bloquant des fonds stratégiques destinés à des bastions démocrates comme Chicago ou New York, Donald Trump accentue la pression politique. À un an de la présidentielle, cette stratégie musclée illustre sa volonté de s’imposer comme le maître du rapport de force.
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