Europol intensifie la lutte contre la propagande numérique liée aux Gardiens de la révolution iraniens
Une vaste opération coordonnée par Europol a permis d’identifier des milliers de contenus numériques liés au Corps des gardiens de la révolution islamique, récemment classé organisation terroriste par l’Union européenne. L’initiative vise à freiner les activités de propagande, de recrutement et de financement attribuées à cet appareil sécuritaire iranien sur internet.
Menée entre le 13 février et le 28 avril, l’opération a abouti à la détection de plus de 14.000 contenus diffusés à travers différentes plateformes numériques. Les autorités européennes indiquent que les publications ciblées circulaient sur les réseaux sociaux, des services de streaming, des blogs ainsi que plusieurs sites indépendants opérant dans différentes juridictions.
Selon Europol, les contenus identifiés étaient disponibles dans plusieurs langues, notamment l’arabe, l’anglais, le français, le persan et l’espagnol, illustrant la portée internationale du dispositif de communication numérique mis en place autour du CGRI.
Les enquêteurs ont observé une stratégie mêlant récits religieux, discours politiques et contenus audiovisuels destinés à renforcer l’influence idéologique du réseau. Certaines vidéos produites à l’aide de l’intelligence artificielle glorifiaient notamment les activités du corps paramilitaire iranien et diffusaient des messages de mobilisation autour du guide suprême iranien, Ali Khamenei.
L’opération a mobilisé les services de sécurité et les unités spécialisées de 19 pays, parmi lesquels la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, la Suède ainsi que les États-Unis.
Dans le cadre de cette offensive numérique, le principal compte du CGRI sur le réseau social X, suivi par plus de 150.000 abonnés, a été rendu inaccessible dans l’Union européenne. Les autorités précisent également que plusieurs milliers de publications et de liens ont été supprimés ou demeurent sous investigation.
Les investigations ont par ailleurs mis en lumière l’utilisation croissante des cryptomonnaies dans les mécanismes de financement liés aux opérations numériques du réseau. Europol indique que ces outils servaient à soutenir les campagnes de diffusion en ligne et à renforcer les capacités de résilience numérique du dispositif.
Les autorités ont également relevé l’usage de services d’hébergement répartis dans plusieurs pays, de la Russie aux États-Unis, permettant au réseau de maintenir ses infrastructures numériques malgré les tentatives de blocage et de suppression.
À travers cette opération, les institutions européennes cherchent à accentuer la pression sur les réseaux de propagande numérique considérés comme liés à des organisations classées terroristes. Cette mobilisation illustre également la place croissante prise par la cybersécurité et la lutte contre les contenus extrémistes dans les stratégies sécuritaires internationales.
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