Ferroviaire : l’ONCF vise près de 100 millions de voyageurs en 2030
À l’approche de la Coupe du monde 2030, le secteur ferroviaire marocain s’apprête à franchir une nouvelle étape de son développement. L’Office national des chemins de fer (ONCF) ambitionne d’accueillir près de 100 millions de voyageurs à l’horizon 2030, avec un chiffre d’affaires de 10 milliards de dirhams et une marge opérationnelle supérieure à 5 milliards de dirhams. Pour soutenir cette croissance, l’opérateur prévoit un programme d’investissement de 96 milliards de dirhams destiné à moderniser le réseau, renforcer la grande vitesse et renouveler le matériel roulant.
Un objectif de fréquentation porté par le Mondial 2030
Le Maroc prépare une transformation majeure de ses infrastructures ferroviaires en prévision de la Coupe du monde de football 2030, qu’il coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. Dans ce contexte, l’ONCF table sur une fréquentation proche de 100 millions de voyageurs par an à la fin de la décennie.
Ces projections figurent dans le rapport consacré aux établissements et entreprises publics accompagnant le projet de loi de finances 2027. Elles traduisent les ambitions de l’opérateur, qui entend répondre à la progression attendue de la demande, notamment dans les grandes agglomérations et sur les principaux axes économiques du Royaume.
Au-delà de l’événement sportif, cette stratégie vise à renforcer la place du train dans les déplacements quotidiens et interurbains, tout en améliorant la capacité du réseau à absorber des flux de voyageurs plus importants.
Un programme de 96 milliards de dirhams
Pour accompagner cette montée en puissance, l’ONCF prévoit un cycle de développement ferroviaire mobilisant une enveloppe globale de 96 milliards de dirhams. Ce programme s’articule autour de trois axes majeurs.
Le premier concerne l’extension de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Kénitra et Marrakech, ainsi que les infrastructures et équipements associés, pour un investissement de 53 milliards de dirhams.
Le deuxième porte sur l’acquisition de 168 trains de nouvelle génération, avec une enveloppe de 29 milliards de dirhams. Le renouvellement du matériel roulant doit permettre d’accompagner l’évolution du trafic et de renforcer les capacités de transport.
Enfin, 14 milliards de dirhams sont prévus pour préserver les performances du système ferroviaire. Cette enveloppe comprend 8 milliards de dirhams destinés à soutenir l’extension de la LGV et le développement des infrastructures de réseaux express régionaux (RER), ainsi que 6 milliards de dirhams consacrés à la maintenance et à la préservation du réseau existant.
L’enjeu est double : développer de nouvelles capacités tout en assurant la fiabilité des infrastructures déjà en service.
Des investissements élevés, malgré des résultats nets négatifs
Les données financières de l’ONCF montrent l’ampleur des efforts engagés, mais aussi les défis auxquels l’opérateur reste confronté. À fin juin 2026, son chiffre d’affaires s’élevait à près de 2,48 milliards de dirhams, en hausse de 2 %. Sur la même période, le résultat net affichait une perte de 716 millions de dirhams, tandis que les dépenses d’investissement dépassaient 4,83 milliards de dirhams.
Pour l’ensemble de l’année 2026, les prévisions de clôture tablent sur un chiffre d’affaires supérieur à 5,27 milliards de dirhams. Le résultat d’exploitation devrait atteindre 216 millions de dirhams, alors que le résultat net resterait négatif, à hauteur de 652 millions de dirhams.
Les investissements sont, quant à eux, estimés à 18,2 milliards de dirhams, soit un recul d’environ 4 % par rapport à 2025. Cette évolution intervient dans un contexte où les besoins de financement demeurent importants pour moderniser le réseau et préparer les prochaines étapes du développement ferroviaire.
Une progression attendue du chiffre d’affaires jusqu’en 2029
Les projections financières annoncent une progression régulière des revenus de l’ONCF au cours des prochaines années. Le chiffre d’affaires prévisionnel dépasserait 6,05 milliards de dirhams en 2027, avant d’atteindre 6,56 milliards en 2028 et 7,04 milliards en 2029.
Pour 2027, les investissements prévisionnels devraient dépasser 29 milliards de dirhams, signe de l’accélération attendue des projets ferroviaires.
L’objectif de 10 milliards de dirhams de chiffre d’affaires en 2030 suppose ainsi une croissance soutenue de l’activité au cours des prochaines années. Sa réalisation dépendra notamment de la mise en service des nouvelles infrastructures, de l’évolution de la fréquentation et de la capacité de l’opérateur à maîtriser ses coûts.
Le défi de la performance après le Mondial
La Coupe du monde 2030 constitue un puissant accélérateur pour les projets ferroviaires marocains. Mais la portée de ces investissements se mesurera également à leur utilité après la compétition : amélioration des déplacements quotidiens, développement des liaisons entre les villes et renforcement de l’accès aux principaux pôles économiques.
Pour l’ONCF, l’enjeu sera de transformer l’augmentation des capacités en croissance durable du trafic et des recettes, tout en préservant la qualité du service et l’équilibre financier de l’entreprise. La modernisation du réseau représente donc autant un défi industriel qu’un levier stratégique pour la mobilité au Maroc.
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