Fès-Meknès : la chaleur met la production d’oignons sous forte pression
Les épisodes de chaleur extrême qui frappent le Maroc depuis plusieurs semaines continuent de fragiliser les productions agricoles. Après plusieurs cultures maraîchères et arboricoles, la filière de l’oignon fait désormais face à une campagne particulièrement délicate. Dans la région de Fès-Meknès, les producteurs signalent une baisse attendue des rendements, attribuée à la combinaison des températures élevées et de la raréfaction des ressources en eau.
À quelques semaines du lancement de la récolte, de nombreux exploitants constatent un impact direct des conditions climatiques sur le développement des cultures. Les températures enregistrées au cours de l’été ont soumis les plantations à un stress thermique important, aggravé par les difficultés d’accès à l’eau d’irrigation.
Dans plusieurs bassins de production, notamment à El Hajeb, Sefrou, Bouderbala, El M’haya, Aïn Leuh, Agouraï et Kiko, les producteurs évoquent une dégradation progressive des cultures. Des exploitations situées dans la province de Guercif font également état de difficultés similaires, illustrant l’étendue des effets de cette vague de chaleur sur différentes zones agricoles.
Les professionnels précisent toutefois que l’approvisionnement du marché national ne devrait pas être compromis à court terme. Les stocks issus des récoltes printanières devraient contribuer à maintenir une offre suffisante en attendant l’arrivée de la nouvelle production.
En revanche, la qualité de conservation des oignons inquiète davantage les agriculteurs. Dans certaines exploitations, les températures élevées ont fragilisé une partie des bulbes, réduisant leur capacité à supporter les phases de séchage et de stockage. Cette situation pourrait contraindre plusieurs producteurs à écouler rapidement leur récolte afin de limiter les pertes après la cueillette.
À ces contraintes climatiques s’ajoutent des préoccupations économiques. Les exploitants estiment que les niveaux de prix actuellement pratiqués demeurent insuffisants pour couvrir les coûts de production, alourdis par les dépenses liées à l’irrigation et aux intrants. Selon eux, une revalorisation des prix permettrait d'améliorer la rentabilité des exploitations et de mieux absorber les conséquences des aléas climatiques.
Cette nouvelle alerte confirme la vulnérabilité croissante de l’agriculture marocaine face aux phénomènes météorologiques extrêmes. Entre sécheresse persistante, hausse des températures et pression sur les ressources hydriques, les producteurs sont de plus en plus confrontés à la nécessité d’adapter leurs pratiques pour préserver la compétitivité et la durabilité de leurs cultures.
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