Festival Mawazine : Zulu fait vibrer Chellah au rythme des traditions capverdiennes
Sous les étoiles de Chellah, la chanteuse capverdienne Zulu a offert, dimanche soir, l’un des moments les plus marquants de la 21e édition du Festival Mawazine – Rythmes du Monde. Entre émotion, transmission et célébration des racines culturelles, l’artiste a plongé le public dans un univers musical intimement lié à la mémoire collective de son archipel natal.
Dès son entrée sur scène, Zulu, de son vrai nom Zuleica Barros, a imposé une présence magnétique. Vêtue d’une robe aux couleurs éclatantes et parée de bijoux évoquant les traditions de son pays, elle a instauré une atmosphère chaleureuse et immersive, rapidement adoptée par les spectateurs.
Accompagnée de ses musiciens, alternant les sonorités de la batterie, de la guitare et de la basse, l’artiste a proposé un voyage musical à travers les principaux genres du patrimoine capverdien. Morna, funaná, coladeira et batuque se sont succédé au fil d’un répertoire mêlant héritage culturel et influences contemporaines, empruntées notamment au jazz, au blues et à la soul.
Interprétées en portugais et en créole capverdien, ses chansons ont exploré des thèmes universels tels que l’amour, l’attachement à la terre natale, la transmission des traditions et le sentiment d’appartenance. L’artiste a également invité le public marocain à partager son énergie en chantant et en dansant avec elle.
L’un des temps forts de la soirée a été l’hommage rendu à Cesária Évora, figure emblématique de la musique capverdienne. En interprétant « Petit pays, je t’aime beaucoup », Zulu a salué l’héritage de celle qui demeure l’une des plus grandes ambassadrices culturelles du Cap-Vert.
Le concert a également été marqué par l’interprétation de « Festa Santo Santiago » et d’« Alma Forte », titre phare de son premier EP « Briza ». Cette dernière chanson, dédiée à la résilience des femmes africaines et capverdiennes, puise son inspiration dans le parcours de la mère de l’artiste, des femmes de son village natal de Bofareira, sur l’île de Boa Vista, et de nombreuses figures féminines qui ont façonné son identité.
Un moment inattendu est venu renforcer la proximité déjà établie entre l’artiste et son public lorsqu’un enfant est monté spontanément sur scène. Accueilli avec bienveillance par la chanteuse, il est resté à ses côtés pendant plusieurs minutes, créant une scène de complicité qui a suscité l’émotion des spectateurs.
Tout au long de la soirée, Zulu a transformé chacun de ses morceaux en une expérience sensorielle, accompagnant sa musique de mouvements fluides et expressifs qui semblaient prolonger les rythmes de ses compositions.
Née à Bofareira, sur l’île de Boa Vista, Zulu s’impose aujourd’hui comme l’une des voix montantes de la scène musicale capverdienne. Son univers artistique, à la croisée des traditions de l’archipel et des influences contemporaines, illustre le dynamisme d’une nouvelle génération d’artistes attachés à préserver leur héritage tout en l’ouvrant à de nouveaux horizons.
Organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Festival Mawazine – Rythmes du Monde se poursuit jusqu’au 27 juin à Rabat et Salé. L’événement confirme, une nouvelle fois, son statut de rendez-vous culturel incontournable en réunissant des artistes de renommée internationale et des talents émergents autour des valeurs de dialogue et d’ouverture.
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