FIFA : Gianni Infantino contesté avant l’élection présidentielle de 2027
À quelques mois de l’élection à la présidence de la FIFA, la candidature de Gianni Infantino fait l’objet d’une nouvelle contestation. L’ONG britannique FairSquare demande à l’instance dirigeante du football mondial de déclarer le président sortant inéligible à un quatrième mandat, estimant que cette candidature entre en contradiction avec les règles statutaires relatives à la limitation du nombre de mandats.
L’organisation a formalisé sa démarche le 13 août en adressant une lettre à la Commission de Gouvernance, d’Audit et de Conformité de la FIFA. Cette instance indépendante est appelée à examiner l’interprétation des règles applicables à la présidence de l’organisation.
Le premier mandat d’Infantino au cœur du différend
Gianni Infantino a été élu président de la FIFA en 2016, après la démission de Sepp Blatter. Son premier passage à la tête de l’instance n’avait toutefois pas couvert l’intégralité d’un cycle présidentiel de quatre ans.
C’est précisément sur ce point que repose l’interprétation défendue par la FIFA. En 2022, son Conseil avait considéré que cette première période ne devait pas être comptabilisée comme un mandat complet, puisqu’Infantino avait pris ses fonctions en cours de mandat.
Cette lecture permet au dirigeant italo-suisse de solliciter une nouvelle candidature en vue du scrutin prévu en mars 2027.
FairSquare conteste cette interprétation. L’ONG considère que l’élection d’Infantino en 2016 constitue bien un mandat présidentiel, indépendamment de sa durée effective. Elle s’appuie notamment sur les dispositions statutaires qui limitent à trois le nombre de mandats pouvant être exercés par un président.
Une bataille autour de l’interprétation des statuts
Pour FairSquare, les textes de la FIFA ne prévoient pas d’exception permettant d’exclure un mandat au seul motif qu’il n’a pas duré quatre années.
L’organisation estime ainsi que la durée effective du premier mandat ne devrait pas modifier son statut juridique. Selon cette interprétation, un président ayant été élu pour exercer la fonction ne pourrait pas obtenir une quatrième possibilité de se maintenir à la tête de l’organisation.
Le différend dépasse donc le seul cas de Gianni Infantino. Il porte plus largement sur la manière dont la FIFA interprète et applique ses propres règles de gouvernance.
FairSquare redoute un précédent
L’ONG britannique met également en avant les conséquences potentielles de cette interprétation pour les futures directions de la FIFA.
Son argument repose sur le risque qu’un mandat partiel puisse systématiquement être exclu du décompte. Une telle pratique pourrait, selon FairSquare, créer une possibilité de multiplier les échéances électorales anticipées et, par conséquent, de contourner indirectement la limite statutaire du nombre de mandats.
L’organisation estime donc que la question de l’éligibilité d’Infantino doit être examinée non seulement sous l’angle de sa candidature personnelle, mais aussi au regard de la solidité du dispositif de gouvernance de la FIFA.
FairSquare figure par ailleurs parmi les organisations ayant régulièrement critiqué la gouvernance de l’instance et certaines décisions prises sous la présidence d’Infantino.
Une présidence sous pression
Cette nouvelle offensive intervient alors que la prochaine élection présidentielle de la FIFA se prépare dans un contexte déjà marqué par plusieurs controverses.
Gianni Infantino demeure, selon les informations fournies, le seul candidat officiellement déclaré pour le scrutin de mars 2027. Son projet d’associer davantage d’investisseurs privés au financement et au développement de la Coupe du monde a toutefois suscité des critiques dans le monde du football.
La question de son éventuelle réélection pourrait désormais se jouer autant sur son bilan et son projet pour la FIFA que sur l’interprétation des règles encadrant l’accès à la présidence.
La Commission de Gouvernance, d’Audit et de Conformité devra ainsi se pencher sur une question institutionnelle sensible : le premier mandat exercé par Infantino à partir de 2016 doit-il être intégré au calcul de la limite statutaire des mandats présidentiels ? La réponse pourrait avoir des conséquences directes sur l’élection de 2027, mais aussi sur les règles de succession à la tête du football mondial.
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