Filière laitière au Maroc : la crise qui menace les éleveurs
Au Maroc, la filière laitière traverse une période critique. Face à l’augmentation continue des coûts de l’alimentation animale, à l’arrivée massive de bovins importés destinés principalement à l’abattage et à la concentration des circuits de collecte, les éleveurs multiplient les mises en garde sur l’avenir de la production nationale.
Dans un communiqué, le Bureau national élargi du Syndicat national des agriculteurs, affilié à l’Union nationale du secteur agricole (UMT), évoque un risque réel d’effondrement du secteur. L’organisation pointe une détérioration rapide des conditions économiques des éleveurs et des coopératives laitières, susceptible d’entraîner des faillites en chaîne.
L’importation de bovins fragilise la filière
Selon les représentants professionnels, l’importation croissante de bovins orientés vers la production de viande déséquilibre la filière laitière. Cette dynamique se ferait au détriment des vaches laitières et de l’élevage local, affaiblissant progressivement l’ensemble de la chaîne de production.
Les petits éleveurs apparaissent particulièrement vulnérables. Déjà confrontés à la hausse des charges, beaucoup pourraient être contraints de réduire leur activité, voire de cesser leur production, ce qui aurait un impact direct sur l’offre nationale et la stabilité du marché.
La flambée des aliments pour bétail au cœur des tensions
La hausse des prix des aliments composés et des fourrages constitue l’un des principaux facteurs de la crise. Les professionnels dénoncent une spéculation persistante sur ces produits essentiels, accentuée par des déséquilibres structurels du marché.
Dans ce contexte, les éleveurs réclament des mesures urgentes : régulation des prix, protection des races locales et renforcement de la recherche agricole afin de réduire la dépendance du pays aux importations.
Des revendications sociales plus larges
Au-delà de la production laitière, les organisations professionnelles demandent la suspension de certaines mesures liées aux cotisations à l’assurance maladie obligatoire, estimant que de nombreux agriculteurs peinent à y faire face dans un contexte économique difficile.
Elles plaident également pour des crédits adaptés, un assouplissement des restrictions concernant le creusement de puits pour les petits exploitants et un soutien accru aux régions touchées par les aléas climatiques.
Un enjeu stratégique pour la souveraineté alimentaire
Pour les représentants de la filière, la crise actuelle dépasse la seule question du lait et pose celle de la souveraineté alimentaire du Royaume. Un affaiblissement durable de la production nationale pourrait renforcer la dépendance aux importations et accentuer les tensions sur le marché intérieur.
Les professionnels ont néanmoins salué l’ouverture au dialogue affichée par le ministère de l’Agriculture lors d’une récente rencontre, espérant que celle-ci débouchera sur des mesures concrètes capables de stabiliser la filière et de préserver son équilibre.
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