Finances publiques : le déficit budgétaire du Maroc s’alourdit début 2026
Les finances publiques marocaines enregistrent un début d’année sous tension. Selon les dernières données du Ministère de l’Économie et des Finances, le déficit budgétaire s’est nettement creusé à fin février 2026, atteignant 34,5 milliards de dirhams, contre 24,8 milliards un an auparavant.
Cette évolution traduit un déséquilibre marqué entre des recettes en recul et des dépenses en progression, dans un contexte économique encore contraint.
Des recettes en repli, pénalisées par la fiscalité
Du côté des ressources, les recettes ordinaires affichent un recul global, principalement lié à la baisse des recettes fiscales. Ces dernières constituent pourtant le principal levier de financement du budget de l’État.
La diminution observée s’explique en grande partie par le repli de l’impôt sur le revenu, affecté par un effet de comparaison défavorable lié à des recettes exceptionnelles enregistrées l’année précédente. D’autres postes, comme les droits de douane ou certaines taxes de consommation, ont également contribué à cette tendance baissière.
En revanche, certains indicateurs montrent une dynamique plus favorable. La taxe sur la valeur ajoutée a progressé, soutenue par la consommation intérieure, tandis que les recettes non fiscales ont bénéficié d’apports supplémentaires issus d’établissements publics.
Une hausse des dépenses portée par l’investissement et le social
Parallèlement, les dépenses publiques poursuivent leur progression. Elles atteignent près de 85,7 milliards de dirhams, en hausse significative par rapport à la même période de l’année précédente.
Cette augmentation est notamment tirée par la montée des dépenses d’investissement, qui enregistrent une forte accélération. Une orientation qui reflète la volonté des pouvoirs publics de soutenir la croissance et les grands chantiers structurants.
Les dépenses de personnel sont également en hausse, conséquence directe des engagements issus du dialogue social. À l’inverse, les charges de compensation reculent nettement, contribuant à atténuer partiellement la pression sur les finances publiques.
Un recours accru au financement
Face à ce déséquilibre, le besoin de financement reste élevé. L’État a principalement mobilisé des ressources sur le marché intérieur, tout en recourant également à des financements extérieurs.
Cette configuration met en lumière une dépendance persistante à l’endettement pour couvrir le déficit, dans un environnement marqué par des incertitudes économiques à l’échelle internationale.
Des équilibres budgétaires sous pression
L’évolution observée à fin février souligne la difficulté à concilier objectifs de consolidation budgétaire et exigences de relance économique. Entre baisse des recettes fiscales et hausse des dépenses d’investissement et sociales, les marges de manœuvre restent limitées.
Dans ce contexte, la trajectoire des finances publiques du Maroc dépendra de la capacité à renforcer les recettes tout en maîtrisant les dépenses, dans un environnement économique encore volatil.
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