Flambée de l’or : les bijoutiers marocains pris en étau par la hausse des prix
La hausse spectaculaire du cours de l’or sur les marchés internationaux commence à produire des effets tangibles sur l’économie réelle. Depuis le début de l’année 2026, l’once d’or a franchi un seuil inédit au-delà de 5.000 dollars, portée par un climat géopolitique incertain, l’affaiblissement du dollar et un regain d’intérêt des investisseurs pour les valeurs refuges. Au Maroc, cette dynamique se traduit par une augmentation rapide du prix du gramme d’or, mettant sous pression un secteur déjà fragilisé : la bijouterie de détail.
À Casablanca, cœur névralgique du commerce de l’or, la tension est palpable. Dans des quartiers emblématiques comme la Kissariat Al Manjra, les bijoutiers font face à une instabilité quotidienne des prix. Les professionnels évoquent un marché devenu imprévisible, où les tarifs évoluent presque d’un jour à l’autre, compliquant la gestion des ventes et des stocks.
Contrairement à une idée répandue, cette flambée ne profite pas aux commerçants. L’augmentation des prix freine la demande et réduit les marges. Les clients, confrontés à des coûts jugés excessifs, reportent ou annulent leurs achats. Désormais, les ventes se concentrent essentiellement sur les événements considérés comme indispensables, notamment les mariages, tandis que l’achat d’or à des fins d’épargne ou de plaisir tend à disparaître.
Cette contraction de la demande s’accompagne d’un autre défi majeur : la volatilité. Lorsque le prix du gramme peut varier de plusieurs dizaines de dirhams en quelques jours, les commandes à crédit et les paiements différés deviennent risqués. La trésorerie des petites boutiques s’en trouve fragilisée, au point que certains artisans préfèrent limiter leurs approvisionnements, voire suspendre temporairement leur activité.
Fin janvier 2026, le gramme d’or 24 carats avoisine les 1.500 dirhams, enregistrant une progression de près de 70 % sur un an. Une hausse brutale qui intervient dans un contexte de recul du pouvoir d’achat, accentuant le décalage entre la valeur financière de l’or à l’échelle mondiale et la capacité de consommation au niveau local.
Pour les analystes, cette situation met en lumière la vulnérabilité des pays importateurs d’or face aux fluctuations internationales. Faute d’outils de couverture adaptés, les artisans et petits commerçants restent exposés à une instabilité qu’ils ne maîtrisent pas. À Al Manjra, l’inquiétude grandit : si les prix se maintiennent durablement à ces niveaux, de nombreuses bijouteries pourraient peiner à survivre.
Valeur refuge pour les investisseurs, l’or devient paradoxalement un facteur de fragilisation pour le commerce de proximité. Entre hausse des coûts, recul de la demande et incertitude permanente, les bijoutiers marocains appellent à une meilleure prise en compte des réalités du terrain afin d’éviter que cette envolée historique ne se traduise par un affaiblissement durable d’un métier traditionnel.
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