France : les lycéens maintiennent la pression avant les vacances de la Toussaint
En France, le mouvement de contestation des lycéens se poursuit à l’approche des vacances de la Toussaint. Mercredi, plusieurs lycées et universités sont restés bloqués, alors que le gouvernement espère une accalmie liée à l’interruption des cours. Les organisations lycéennes et étudiantes, elles, appellent à prolonger la mobilisation en participant aux manifestations contre la vie chère prévues samedi.
Des revendications qui dépassent les conditions scolaires
Lancée le 17 septembre, à six mois de l’élection présidentielle, la mobilisation porte sur plusieurs revendications. Les lycéens réclament une amélioration des conditions d’apprentissage, la suppression de la sélection par la plateforme d’orientation Parcoursup ainsi qu’un plan de 10 milliards d’euros en faveur des lycées.
Face à ces demandes, le gouvernement a notamment annoncé un dispositif d’urgence destiné à remplacer les enseignants absents. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 2.000 remplaçants ont été affectés depuis vendredi, sur les 3.000 promis.
À l’Assemblée nationale, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a dressé mercredi un bilan contrasté de la mobilisation. Sur les 3.700 lycées du pays, un tiers n’aurait jamais été perturbé, un autre tiers aurait connu des perturbations très limitées, tandis que le dernier tiers aurait subi des blocages plus importants. En fin de matinée mercredi, 160 établissements étaient bloqués, selon le ministre.
Des chiffres qui alimentent deux lectures du mouvement
La cinquième journée de mobilisation massive, organisée mardi, a rassemblé entre 161.500 manifestants selon le gouvernement et 480.000 selon l’intersyndicale de la jeunesse. La militante écologiste suédoise Greta Thunberg s’est également rendue devant un lycée de la banlieue parisienne pour apporter son soutien aux manifestants.
Alors que l’exécutif estime que la contestation montre des signes d’essoufflement à l’approche des vacances scolaires, les syndicats lycéens et étudiants contestent cette interprétation et affirment vouloir poursuivre le mouvement. Plusieurs universités doivent par ailleurs rester fermées durant la semaine.
Par la voix de son président, Ryad Rani, l’Union syndicale des lycéens a appelé à rejoindre les manifestations contre la vie chère prévues samedi. Une rencontre entre le ministre de l’Éducation et les représentants des lycéens est également programmée jeudi.
Entre lassitude, colère et inquiétudes sur les violences
Sur le terrain, les réactions des élèves restent partagées. À Strasbourg, où les cours ont repris au lycée Kléber, certains estiment que les premières avancées obtenues, notamment l’affectation de remplaçants, justifient de mettre fin aux blocages.
D’autres souhaitent poursuivre la mobilisation, malgré les craintes suscitées par les violences survenues en marge des manifestations. Les témoignages recueillis mercredi illustrent les hésitations d’une partie des lycéens, entre volonté d’obtenir des réponses supplémentaires et inquiétude face aux risques liés aux rassemblements.
La question des violences occupe une place importante dans le débat. Selon un bilan judiciaire communiqué mercredi par le ministère de la Justice, 7.950 personnes, dont 6.773 mineurs, ont été placées en garde à vue depuis le début du mouvement. Vingt-six personnes ont été placées en détention provisoire.
Vendredi, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme avait fait part de son inquiétude concernant les incidents liés aux manifestations. Trente-six enquêtes ont par ailleurs été ouvertes par la police des polices.
Mardi, un policier a été mis en examen après qu’un lycéen a perdu un œil en marge des manifestations à Tours. Cette affaire renforce les interrogations autour des conditions de maintien de l’ordre et de la gestion de la contestation.
À l’approche des vacances scolaires, l’ampleur de la mobilisation et les appels à manifester samedi constituent ainsi un test pour le gouvernement, qui cherche à apaiser la situation sans avoir, à ce stade, répondu à l’ensemble des revendications formulées par les lycéens.
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