Gaza : Antonio Guterres appelle à transformer le cessez-le-feu en paix durable
À la veille du troisième anniversaire des attaques du 7 octobre 2023, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé lundi à franchir une nouvelle étape dans le dossier de Gaza en faisant du cessez-le-feu en vigueur un accord permanent. Le chef de l’ONU a également réclamé un accès humanitaire à grande échelle et le respect du droit international.
Dans un message consacré à cet anniversaire, Antonio Guterres a estimé que la situation ne pouvait plus rester cantonnée à une logique de suspension des combats. Pour les Nations unies, l’objectif doit désormais être de consolider l’accalmie et d’ouvrir une perspective politique susceptible de déboucher sur une paix durable dans l’ensemble de la région.
Le secrétaire général a également appelé à la construction d’un avenir permettant aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre côte à côte, dans la sécurité et la dignité, avec leurs droits et leurs aspirations respectés.
Trois ans après le 7 octobre, un lourd bilan humain
Antonio Guterres a rendu hommage aux victimes des attaques du 7 octobre 2023, menées par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens contre Israël. Les Nations unies rappellent que plus de 1.200 personnes avaient alors été tuées et que 251 personnes avaient été prises en otage et emmenées dans la bande de Gaza.
Le secrétaire général a souligné que les souffrances des victimes et de leurs familles demeurent une réalité plusieurs années après les événements. Il a également insisté sur la nécessité de ne pas dissocier la mémoire des victimes israéliennes de la situation dramatique vécue par la population palestinienne.
L’offensive israélienne déclenchée après les attaques a provoqué une catastrophe humanitaire majeure à Gaza. L’ONU souligne encore aujourd’hui la persistance de conditions extrêmement difficiles pour les civils, alors que l’aide humanitaire reste insuffisante au regard des besoins.
Une trêve encore fragile
Le cessez-le-feu conclu en octobre 2025, sur la base d’une proposition soutenue par le président américain Donald Trump, avait permis de réduire l’intensité des combats et d’engager des opérations de libération d’otages et de prisonniers. Les Nations unies avaient alors appelé les parties à respecter pleinement les engagements pris et à garantir l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire.
Mais un an après son entrée en vigueur, les principaux dossiers politiques et sécuritaires restent en suspens. Selon Reuters, le désarmement du Hamas, le retrait des forces israéliennes et la reconstruction de Gaza demeurent notamment au cœur des désaccords. Les forces israéliennes contrôlent toujours une large partie du territoire et des frappes meurtrières continuent d’être signalées. Reuters
Cette situation nourrit les inquiétudes de l’ONU, qui considère que la baisse de l’intensité des combats ne suffit pas à garantir une véritable sécurité ni à ouvrir automatiquement la voie à une reconstruction durable.
L’aide humanitaire au cœur des priorités
Pour Antonio Guterres, la consolidation du cessez-le-feu doit aller de pair avec une augmentation significative de l’aide destinée aux populations civiles. L’objectif défendu par l’ONU est de permettre une intervention humanitaire à une échelle correspondant aux besoins de la population.
Les restrictions concernant l’entrée de marchandises et les difficultés persistantes d’approvisionnement continuent toutefois de compliquer les opérations humanitaires. L’ONU fait également état d’attaques meurtrières encore signalées dans l’enclave malgré le cessez-le-feu.
La reconstruction représente un autre défi majeur. Les destructions considérables enregistrées depuis le début de la guerre, combinées aux difficultés politiques, rendent incertaine la mise en œuvre d’un vaste programme de reconstruction.
Une sortie politique toujours recherchée
Au-delà de l’urgence humanitaire, le secrétaire général de l’ONU insiste sur la nécessité de créer une véritable perspective politique. Pour Antonio Guterres, un cessez-le-feu durable ne peut constituer qu’une étape vers un règlement plus large du conflit.
Les Nations unies continuent ainsi de défendre une approche fondée sur le respect du droit international et sur la recherche d’une solution politique permettant aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre dans la paix et la sécurité.
Trois ans après le 7 octobre, le message du chef de l’ONU est donc double : préserver les acquis du cessez-le-feu tout en évitant qu’une trêve fragile ne devienne une simple parenthèse entre deux épisodes de violence. La priorité affichée consiste désormais à transformer l’accalmie en processus politique durable.
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