Gaza : Washington et Tel-Aviv envisagent une supervision américaine du désarmement du Hamas
Israël et les États-Unis ont convenu d’examiner un mécanisme de supervision américaine du désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, selon un responsable israélien cité lundi. Cette proposition intervient alors que les discussions autour du plan américain de sortie de guerre restent bloquées sur la question du retrait des forces israéliennes et du futur statut du mouvement palestinien.
Selon ce responsable, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué à l’émissaire américain Jared Kushner qu’aucun retrait israélien de Gaza ne pourrait intervenir avant un désarmement complet du Hamas. La première étape envisagée consisterait à remettre les armes du mouvement afin qu’elles soient mises hors service sous la supervision d’un général américain.
Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump, s’est rendu en Israël après avoir rencontré dimanche des représentants du Hamas. Il était accompagné notamment de Tony Blair, ancien Premier ministre britannique et membre du « Conseil de paix » de Donald Trump.
Le désarmement au cœur des négociations
La question du désarmement constitue désormais l’un des principaux points de blocage du processus de sortie de guerre. Le plan américain prévoit notamment le retrait israélien du territoire palestinien et la mise en place d’un dispositif de gouvernance transitoire.
Le Hamas avait accepté fin juillet le principe de cette feuille de route, qui prévoit son désarmement. Le mouvement avait également annoncé son intention de mettre fin à son administration civile à Gaza et de transférer certaines responsabilités au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), composé de technocrates palestiniens.
Israël exige toutefois des garanties supplémentaires. Benjamin Netanyahu affirme notamment vouloir obtenir un désarmement qu’il considère comme complet et effectif avant toute nouvelle étape concernant le retrait militaire ou la reconstruction du territoire.
D’après le responsable israélien cité dans le dossier, Israël et les États-Unis seraient ainsi convenus qu’aucun redéploiement ni projet de reconstruction ne devrait commencer avant que le Hamas ne soit désarmé dans l’ensemble de la bande de Gaza.
Des contacts directs avec le Hamas
Les discussions prennent une dimension particulière avec l’ouverture de contacts directs entre l’administration américaine et le Hamas. Les États-Unis considèrent officiellement le mouvement comme une organisation terroriste et avaient longtemps exclu tout dialogue direct.
Dans le cadre des efforts visant à mettre fin au conflit, l’administration Trump a toutefois adopté une approche plus ouverte. Jared Kushner aurait notamment insisté auprès des représentants du Hamas sur la nécessité d’un désarmement vérifiable ainsi que sur l’absence de rôle futur du mouvement dans la gouvernance de Gaza.
De son côté, le Hamas aurait demandé à l’émissaire américain d’exercer des pressions sur Benjamin Netanyahu afin de permettre la mise en œuvre de la deuxième phase du plan américain.
Le processus implique également plusieurs acteurs régionaux. Jared Kushner a rencontré dimanche le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ainsi que des responsables du Qatar et de la Turquie, deux pays engagés dans les efforts de médiation.
Le futur de Gaza reste en suspens
La gouvernance de Gaza constitue un autre enjeu majeur des négociations. Le plan américain prévoit une période de transition durant laquelle le NCAG serait chargé de l’administration quotidienne du territoire.
Le Hamas, qui contrôle Gaza depuis 2007, a indiqué vouloir transférer ses responsabilités civiles à cette structure. Washington cherche parallèlement à garantir que le mouvement ne dispose d’aucune fonction dans la future administration du territoire.
Cette question reste étroitement liée au désarmement. Pour Israël, la remise des armes constitue une condition préalable à la poursuite du processus. Pour le Hamas, la priorité demeure notamment la mise en œuvre des engagements liés au retrait israélien et à la deuxième phase du plan.
La pression de l’extrême droite israélienne
Alors que les négociations se poursuivent, certains responsables israéliens réclament au contraire une intensification des opérations militaires à Gaza.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a notamment appelé à poursuivre les opérations ciblées contre des Palestiniens dans le territoire. Ces déclarations illustrent les divergences qui persistent au sein de la classe politique israélienne sur la conduite de la guerre et les modalités d’un éventuel règlement.
La situation humanitaire reste également extrêmement préoccupante. Selon les données du ministère de la Santé de Gaza citées dans les informations fournies, au moins 1 265 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, tandis qu’Israël fait état de la mort de cinq soldats et d’un contractuel du ministère de la Défense.
Dans ce contexte, la proposition d’une supervision américaine du désarmement pourrait constituer une nouvelle tentative pour débloquer les négociations. Mais son application dépendra de l’accord des différentes parties sur les modalités du désarmement, le retrait israélien et la future gouvernance de Gaza.
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