Génération Green 2020-2030 : le Maroc évalue les avancées de sa stratégie agricole à mi-parcours
Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts a officiellement lancé, à Rabat, l’étude de bilan à mi-parcours de la stratégie Génération Green 2020-2030. Cette initiative vise à dresser un état des lieux des réalisations enregistrées depuis 2020, à identifier les ajustements nécessaires et à accélérer la mise en œuvre des différents programmes afin d’atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030.
Présidée par le ministre Ahmed El Bouari, la réunion de lancement ouvre une nouvelle phase d’évaluation de cette feuille de route nationale. L’objectif est d’adapter les politiques agricoles aux évolutions économiques, climatiques et sociales tout en consolidant les acquis réalisés au cours des cinq premières années de la stratégie.
À cette occasion, le ministre a rappelé que l’agriculture constitue un pilier essentiel de l’économie marocaine. Au-delà de sa contribution à la croissance, le secteur joue un rôle central dans la sécurité alimentaire, la création d’emplois et le développement des territoires ruraux. Il a souligné que cette évaluation devra permettre d’orienter les futures actions en faveur d’une agriculture plus performante, plus résiliente face aux aléas climatiques et davantage créatrice de valeur.
La première phase de Génération Green s’est toutefois déroulée dans un contexte marqué par plusieurs défis majeurs. Les épisodes de sécheresse successifs, les conséquences de la pandémie de Covid-19 ainsi que les perturbations des marchés internationaux ont exercé une forte pression sur le secteur agricole. Malgré ces contraintes, les autorités estiment que les mesures de soutien déployées par l’État et la mobilisation des professionnels ont permis de préserver la dynamique de développement.
Parmi les principales avancées enregistrées figurent la modernisation de plusieurs filières agricoles, l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation des ressources en eau, le renforcement de la protection sociale des agriculteurs et la mise en œuvre de programmes d’urgence destinés à atténuer les effets du déficit hydrique. Les pouvoirs publics ont également lancé un programme national de reconstitution du cheptel afin de soutenir les éleveurs confrontés aux conséquences des années de sécheresse.
Les organisations professionnelles considèrent également que cette évaluation représente une opportunité d’adapter la stratégie aux nouvelles réalités du secteur. Le président de la Confédération marocaine de l’Agriculture et du Développement rural (COMADER), Rachid Benali, estime que les enseignements tirés depuis la signature des contrats-programmes en 2023 permettront d’ajuster les priorités en matière de compétitivité, de disponibilité de la main-d’œuvre et de maîtrise des coûts des intrants agricoles.
Face à l’augmentation des charges de production, il plaide pour des mécanismes d’investissement mieux adaptés afin de préserver la rentabilité des exploitations agricoles tout en maintenant des prix accessibles pour les consommateurs.
De son côté, le président de la Fédération des Chambres d’Agriculture du Maroc (FECAM), Lahbib Bentaleb, souligne que cette étude permettra de mesurer de manière objective les progrès accomplis et de proposer des réponses concrètes aux défis persistants, notamment ceux liés au déficit pluviométrique. Il appelle également à renforcer les capacités de production nationales, à sécuriser l’approvisionnement du marché intérieur et à développer davantage les exportations agricoles afin d'améliorer durablement les revenus des agriculteurs.
L’étude s’articulera autour de plusieurs axes stratégiques, notamment l’évaluation des réalisations depuis 2020, l’élaboration d’un plan d’accélération jusqu’en 2030 et la définition d’une vision à long terme pour le développement du secteur agricole. Les travaux porteront également sur les productions végétales et animales, la mécanisation des exploitations, la gestion de l’eau d’irrigation, la modernisation des circuits de commercialisation ainsi que le renforcement des mécanismes de financement et d’investissement.
Le ministère précise que cette démarche sera menée dans le cadre d’une large concertation associant les différents acteurs de l’écosystème agricole et agroalimentaire. L’objectif est de poursuivre la mise en œuvre de la stratégie Génération Green conformément aux Hautes Orientations Royales, tout en renforçant la résilience du secteur, sa capacité d’innovation, sa compétitivité et sa contribution à la sécurité alimentaire ainsi qu’au développement économique du Royaume.
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