Grands taxis à Rabat : une hausse d’un dirham toujours en discussion
La hausse des tarifs des grands taxis à Rabat n’est, pour l’heure, pas décidée. Les représentants des professionnels se sont réunis mercredi pour examiner une éventuelle augmentation d’un dirham sur certaines dessertes, mais aucun accord définitif n’a été trouvé.
Les discussions interviennent alors que les chauffeurs font face à une forte progression de leurs charges, principalement en raison du renchérissement du gasoil. Le litre dépasse actuellement les 16 dirhams dans plusieurs stations-service, accentuant la pression sur les revenus des professionnels.
Une augmentation encore au stade des discussions
L’hypothèse d’une hausse d’un dirham est notamment évoquée pour certaines lignes reliant différents quartiers de Rabat. Parmi les dessertes citées figurent celles au départ de Bab Chellah vers Taqaddoum, Nahda et Youssoufia.
Une extension de cette mesure à certaines liaisons avec Salé et Témara est également évoquée. Toutefois, les représentants du secteur démentent que ces augmentations aient déjà été appliquées.
Une nouvelle réunion devrait permettre de poursuivre les discussions avant la fin de la semaine, avec la participation des différentes représentations syndicales.
Le coût du carburant au cœur de la contestation
Pour les chauffeurs, l’augmentation des prix du carburant constitue aujourd’hui l’une des principales difficultés économiques. Les dépenses liées au gasoil absorbent une part croissante des recettes quotidiennes, réduisant fortement les revenus effectivement dégagés par certains conducteurs.
Selon un responsable d’une station de grands taxis affiliée à l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), certains chauffeurs ne conserveraient désormais qu’environ 40 dirhams de revenu net par jour après leurs dépenses.
Cette situation alimente les discussions autour d’une éventuelle révision des tarifs, mais également les inquiétudes concernant la viabilité économique de l’activité.
L’aide au carburant au centre des tensions
Le différend ne porte toutefois pas uniquement sur les tarifs. Les professionnels contestent également les conditions de versement de la dernière tranche de l’aide publique au carburant, correspondant au mois d’août.
Selon les informations communiquées par des professionnels du secteur, certains bénéficiaires auraient reçu 1.100 dirhams lors de la première journée de distribution, avant que certaines opérations ne soient interrompues pour des raisons liées à la disponibilité des liquidités.
D’autres chauffeurs auraient, eux, perçu seulement 600 dirhams. Ces différences ont nourri un sentiment d’inégalité au sein de la profession et renforcé la pression sur les représentants syndicaux.
Deux options sont actuellement évoquées : obtenir une uniformisation des montants versés aux chauffeurs ou renoncer au dispositif d’aide en contrepartie d’une révision officielle des tarifs.
Le risque d’une grève reste présent
En l’absence d’accord, la possibilité d’un mouvement de grève demeure sur la table. Les professionnels souhaitent notamment obtenir des réponses concernant le financement du dispositif de soutien et l’évolution de leurs tarifs.
Pour tenter de faire avancer les discussions, les représentants du secteur ont adressé un courrier au responsable de la division des affaires économiques de la préfecture. Ils souhaitent engager des concertations avec le wali et le secrétaire général sur les revendications formulées par les chauffeurs.
Une réunion élargie réunissant les professionnels de Rabat, Salé et Témara est également envisagée. L’objectif est de coordonner les positions et de présenter des revendications communes aux autorités.
Une hausse soumise à un cadre réglementaire
La question tarifaire reste par ailleurs encadrée par la réglementation. Les associations de défense des consommateurs rappellent qu’une modification officielle des prix des taxis ne peut être appliquée sans l’adoption préalable d’un arrêté du gouverneur.
Autrement dit, toute hausse annoncée ou envisagée ne peut être considérée comme effective tant que la procédure administrative requise n’a pas été menée à son terme.
Pour les usagers, l’incertitude demeure donc entière. Pour les chauffeurs, l’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre l’augmentation des coûts d’exploitation, le niveau de leurs revenus et la nécessité de maintenir un service accessible.
Les prochaines discussions entre les professionnels et les autorités devraient permettre de préciser l’orientation qui sera retenue : maintien du dispositif d’aide, révision de ses modalités ou éventuelle évolution réglementaire des tarifs.
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