Groenland : Washington met la pression sur l’Europe face aux ambitions de Trump
Les déclarations américaines sur le Groenland ravivent les tensions diplomatiques entre Washington et les capitales européennes. Jeudi, le vice-président des États-Unis, JD Vance, a appelé les dirigeants européens à « prendre au sérieux » la position de Donald Trump, qui affiche ouvertement sa volonté de voir les États-Unis prendre le contrôle de ce vaste territoire arctique sous souveraineté danoise.
Depuis la Maison Blanche, le ton se veut à la fois ferme et volontairement ambigu. Si l’option militaire n’est pas officiellement privilégiée, elle n’est pas non plus écartée. L’administration américaine affirme que le président Trump réfléchit « activement » à une acquisition du Groenland, sans en préciser les modalités, alimentant ainsi l’inquiétude de ses alliés européens.
Cette question devrait être au cœur des discussions diplomatiques à venir. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, est attendu la semaine prochaine pour des échanges avec des responsables danois. Le Danemark, membre de l’Otan et allié historique de Washington, se retrouve dans une position délicate, pris entre la solidarité atlantique et le respect de la volonté du Groenland, territoire autonome qui répète ne pas être à vendre.
Du côté européen, les réactions oscillent entre préoccupation et indignation. Plusieurs grandes capitales, dont Paris, Berlin, Rome, Madrid, Varsovie et Londres, ont affiché leur soutien à Copenhague. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a même abordé directement le sujet lors d’un entretien téléphonique avec Donald Trump, selon les services de Downing Street.
Certains responsables appellent à une réponse plus ferme. En Autriche, le vice-chancelier Andreas Babler a plaidé pour l’élaboration d’un ensemble de mesures dissuasives au niveau européen, évoquant la possibilité de sanctions économiques et de droits de douane ciblés si une tentative d’annexion devait voir le jour.
Au-delà des déclarations politiques, le Groenland occupe déjà une place stratégique majeure dans l’architecture de sécurité nord-atlantique. Les États-Unis y disposent d’une base aérienne clé et bénéficient, depuis un accord de défense signé en 1951 et révisé en 2004, d’une grande liberté d’action militaire sur le territoire, sous réserve d’en informer les autorités locales. Conscient de ces enjeux, le Danemark a renforcé sa présence sécuritaire dans la région, avec un investissement de plus d’un milliard d’euros pour moderniser ses capacités arctiques.
Ces efforts n’ont toutefois pas convaincu Donald Trump, qui a minimisé publiquement les dépenses danoises. Pour Washington, l’argument central reste la sécurité nationale : le président américain estime que le contrôle du Groenland est indispensable pour faire face aux ambitions croissantes de la Chine et de la Russie dans l’Arctique.
Alors que la région devient un nouvel espace de rivalités géopolitiques, le dossier groenlandais illustre les tensions croissantes entre les intérêts stratégiques américains et la volonté européenne de défendre la souveraineté et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
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