Guerre commerciale : L'Europe brandit son « bazooka » face aux menaces de Donald Trump
Le spectre d'une escalade protectionniste plane à nouveau sur l'Atlantique. Alors que Washington menace d'imposer une surtaxe de 25 % sur les véhicules européens, Bruxelles et Paris durcissent le ton. Entre rappel des engagements passés et préparation de mesures de rétorsion inédites, l'Union européenne tente de sanctuariser ses exportations automobiles.
Un accord sous haute tension
La discorde prend racine dans la remise en cause, par le président américain Donald Trump, d'un compromis scellé en juillet dernier. Cet accord prévoyait un plafonnement des droits de douane à 15 % pour les voitures produites dans l'UE et vendues aux États-Unis. Accusant le bloc européen de ne pas jouer le jeu, la Maison Blanche brandit désormais une pénalité fiscale quasi doublée.
Depuis Erevan, où elle se trouvait ce mardi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a opposé une fin de fin de non-recevoir à ces griefs. « Un accord, c’est un accord », a-t-elle martelé, insistant sur les principes de fiabilité et de prospérité mutuelle qui fondent la relation transatlantique.
Le « bazooka » de la riposte européenne
Face à ce qu'il perçoit comme un chantage économique, le président français Emmanuel Macron a appelé l'UE à ne pas trembler. Également présent en visite d'État en Arménie, le chef de l'État a exhorté Bruxelles à activer son « instrument anti-coercition ».
Ce dispositif législatif, souvent qualifié de « bazooka » commercial, permet à l'Union de répliquer de manière chirurgicale et proportionnée :
- Restriction des importations en provenance du pays tiers.
- Limitation de l'accès aux marchés publics européens.
- Blocage sélectif d'investissements étrangers.
Si cet outil n'a encore jamais été utilisé, Paris estime que sa vocation est précisément de répondre à ce type de remise en cause unilatérale des traités.
Un ballet diplomatique à Paris
Pendant que les leaders s'expriment depuis le Caucase, la réalité technique se négocie dans la capitale française. En marge d'une réunion ministérielle du G7 à Paris, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, rencontre ce mardi Jamieson Greer, le représentant américain au Commerce.
La Commission européenne, par la voix de son porte-parole Thomas Regnier, rejette fermement les accusations de lenteur ou de non-respect. Bruxelles affirme avoir tenu Washington informé de chaque étape du processus de ratification, soulignant que les procédures internes au Parlement européen et aux États membres suivent leur cours normal. L'enjeu de ces prochaines heures est clair : désamorcer une crise qui pourrait transformer une simple dispute douanière en un conflit commercial global.
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