Guerre en Ukraine : Donald Trump écarte les nouvelles sanctions contre Moscou
La décision de Donald Trump de suspendre l’application de nouvelles sanctions contre la Russie ouvre un nouveau chapitre dans les relations entre Washington, Moscou et Kiev. Dans un décret publié par la Maison-Blanche, le président américain a invoqué l’intérêt national des États-Unis pour écarter les sanctions, restrictions et droits de douane prévus par le Graham Act, une loi récemment adoptée par le Congrès. Cette mesure intervient alors que l’Ukraine cherche à consolider le soutien de ses partenaires occidentaux face à l’intensification de l’offensive russe.
Washington suspend un dispositif de pression sur Moscou
Annoncé vendredi soir, le décret présidentiel constitue un revers pour les partisans d’une ligne ferme à l’égard du Kremlin. Promulgué à la mi-septembre, le Graham Act représentait la première initiative majeure du Congrès visant à renforcer les mesures de pression contre la Russie depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Le texte ciblait notamment le secteur énergétique russe, la flotte fantôme utilisée pour acheminer des hydrocarbures et plusieurs responsables russes, dont Vladimir Poutine. Il accordait également au président américain la possibilité d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les principaux pays importateurs de pétrole et de gaz russes, parmi lesquels figurent la Chine et l’Inde.
La suspension annoncée par Donald Trump réduit ainsi la portée immédiate de cet instrument législatif. Pour Moscou, cette décision a été accueillie favorablement. Kirill Dmitriev, conseiller du Kremlin chargé de la coopération économique internationale, l’a qualifiée de moment historique dans une réaction publiée sur les réseaux sociaux.
Kiev redoute un affaiblissement du soutien américain
Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien avait soutenu le Graham Act, qu’il considérait comme un moyen de contraindre la Russie à négocier et à mettre fin à la guerre.
Les relations entre Washington et Kiev se sont également compliquées après l’annonce, début octobre, d’un accord entre Donald Trump et Vladimir Poutine concernant la levée de sanctions afin de permettre aux États-Unis d’importer d’importantes quantités de diesel russe.
Les autorités ukrainiennes ont par ailleurs exprimé leurs inquiétudes concernant l’absence d’avertissements préalables sur certaines attaques russes et les restrictions signalées dans l’utilisation de services satellitaires de SpaceX. Pour l’armée ukrainienne, qui dépend du renseignement occidental pour anticiper les frappes et organiser sa défense, ces questions revêtent une importance opérationnelle majeure, notamment face aux pénuries de missiles intercepteurs.
L’Europe sollicitée pour renforcer son aide financière
Face aux incertitudes concernant l’engagement américain, Volodymyr Zelensky s’est tourné vers les dirigeants européens réunis à Bruxelles. Le président ukrainien a affirmé que son pays aurait besoin de 155 milliards d’euros pour financer la guerre l’année prochaine, dont au moins 70 milliards supplémentaires de la part des Européens.
Les dirigeants de l’Union européenne ont réaffirmé leur soutien à Kiev, même si la perspective de nouveaux engagements financiers suscite des débats politiques dans plusieurs États membres. Le président français Emmanuel Macron a indiqué qu’il était prématuré de fixer un montant définitif, tout en assurant que les Européens ne renonceraient pas à soutenir l’Ukraine.
Cette demande intervient alors que les besoins militaires et financiers du pays restent considérables. Après quatre ans et demi d’invasion russe à grande échelle, l’Ukraine fait face à une intensification des bombardements et se prépare à un hiver difficile.
Une guerre qui reste marquée par l’escalade militaire
Les frappes russes continuent de toucher le territoire ukrainien. Une attaque a notamment fait au moins un mort dans la région de Kherson dans la nuit de vendredi à samedi, selon les informations rapportées. En parallèle, les forces ukrainiennes ont multiplié les frappes à longue portée contre des cibles en Russie, tandis que les autorités russes ont fait état de dizaines de drones interceptés alors qu’ils se dirigeaient vers Moscou.
Donald Trump a exprimé son mécontentement à l’égard des attaques ukrainiennes contre les raffineries russes, dans un contexte de préoccupations américaines concernant les prix de l’énergie à l’approche des élections de mi-mandat.
De son côté, Volodymyr Zelensky a indiqué que son équipe poursuivait les discussions avec les négociateurs américains et évoqué la possibilité d’une nouvelle rencontre dans les prochains jours.
La suspension des mesures prévues par le Graham Act souligne ainsi les incertitudes qui entourent la stratégie américaine face à la Russie. Pour Kiev, l’enjeu immédiat consiste à préserver ses capacités de défense tout en obtenant des garanties financières et militaires de ses partenaires européens, alors que l’évolution de la politique de Washington pourrait peser sur la suite du conflit.
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