Hamas face à un tournant interne : un processus électoral pour reconstruire sa direction
Après plus de deux ans de guerre dévastatrice et la disparition de la majorité de ses figures historiques, le Hamas s’engage dans une phase de recomposition interne. Le mouvement palestinien prépare, selon plusieurs responsables, l’organisation d’élections internes destinées à renouveler sa direction, un processus inédit dans un contexte marqué à la fois par l’effondrement de ses structures à Gaza et par un cessez-le-feu encore fragile avec Israël.
Une réorganisation sous pression
Depuis l’offensive déclenchée en octobre 2023, le Hamas a perdu l’essentiel de son état-major politique et militaire. La mort successive de ses principaux dirigeants a contraint le mouvement à fonctionner avec une direction réduite, chargée d’assurer la continuité minimale de ses activités. Aujourd’hui, l’objectif affiché est de reconstruire une chaîne de commandement plus stable et représentative, capable de redéfinir les priorités du mouvement dans un environnement régional profondément bouleversé.
Les responsables évoquent un calendrier qui pourrait aboutir à la désignation d’une nouvelle direction au cours des premiers mois de 2026. Fait notable : le processus inclurait non seulement les cadres en activité, mais aussi des membres actuellement détenus par Israël, appelés à participer au vote selon des modalités encore à préciser.
Le rôle central du Conseil de la Choura
Au cœur de ce mécanisme figure le Conseil de la Choura, instance stratégique composée de cinquante membres issus de Gaza, de la Cisjordanie et de la diaspora. Ce conseil est chargé d’élire le Bureau politique, organe exécutif du mouvement, ainsi que son chef. Dans le contexte actuel, les discussions portent autant sur les équilibres internes que sur l’adaptation du Hamas à une réalité politique et humanitaire radicalement transformée.
Les sources proches du dossier soulignent toutefois que le calendrier reste volontairement souple. Les contraintes logistiques, la situation sécuritaire et l’ampleur de la crise humanitaire rendent l’organisation d’un scrutin complexe, tant sur le plan matériel que symbolique.
Deux profils, deux trajectoires
Dans les cercles internes, deux figures se détachent déjà. La première est Khalil Hayyé, originaire de Gaza, connu pour son rôle dans les canaux de négociation indirects avec Israël via des médiateurs régionaux et internationaux. Proche des structures militaires du mouvement, il incarne une continuité avec l’appareil historique du Hamas dans l’enclave.
Face à lui se profile Khaled Mechaal, vétéran du mouvement et ancien chef du Bureau politique. Basé de longue date hors des territoires palestiniens, il dirige aujourd’hui les activités liées à la diaspora. Son parcours international et son expérience diplomatique pourraient séduire une partie des cadres soucieux de repositionner le Hamas sur l’échiquier régional.
Un choix lourd de conséquences
Au-delà des personnes, ce renouvellement pose une question stratégique majeure : quelle orientation pour un mouvement affaibli militairement, confronté à une catastrophe humanitaire à Gaza et à une recomposition des rapports de force au Moyen-Orient ? Les futures élections internes ne visent pas seulement à combler des postes vacants, mais à redéfinir un leadership capable de gérer à la fois l’héritage du conflit et les défis politiques à venir.
Dans un territoire ravagé et pour une population en situation d’extrême vulnérabilité, cette recomposition interne sera observée de près, tant par les acteurs régionaux que par les médiateurs internationaux, conscients que l’identité du prochain dirigeant pèsera lourdement sur l’évolution du dossier palestinien.
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