Huelva : le décès d’une saisonnière marocaine relance le débat sur les conditions de travail en Espagne
La mort récente d’une ouvrière agricole marocaine dans la province de Huelva, dans le sud de l’Espagne, ravive les inquiétudes autour des conditions de travail et de vie des milliers de travailleuses recrutées chaque année pour les campagnes agricoles espagnoles. Ce drame a provoqué une vague d’émotion et relancé les appels à une meilleure protection des saisonnières marocaines exerçant à l’étranger.
Selon les informations communiquées par l’Organisation des femmes du secteur agricole, affiliée à l’Union marocaine du travail (UMT), la victime travaillait dans une exploitation agricole de la région de Huelva dans le cadre d’un contrat de travail temporaire. L’organisation affirme que la travailleuse aurait succombé à une insolation, alors que la région connaissait des températures particulièrement élevées.
Pour les représentants syndicaux, ce décès rappelle un précédent incident similaire survenu en 2019 et met en lumière les risques auxquels sont exposées certaines ouvrières agricoles durant les périodes de forte chaleur. Ils estiment que les conditions de travail dans certaines exploitations nécessitent un suivi plus rigoureux afin de préserver la santé et la sécurité des travailleuses.
Au-delà des conditions de travail dans les champs, les organisations de défense des droits des travailleuses soulignent également les difficultés liées à l’hébergement, au transport et aux conditions de vie quotidiennes. Ces préoccupations figurent régulièrement parmi les revendications portées par les syndicats et les associations engagées dans la défense des droits des saisonnières.
L’Organisation des femmes du secteur agricole affirme avoir alerté à plusieurs reprises les autorités compétentes sur ces problématiques. Elle estime que davantage de mesures doivent être prises afin de garantir le respect des droits fondamentaux des travailleuses et d’assurer leur protection tout au long de leur séjour professionnel en Espagne.
Le syndicat appelle notamment le ministère du Travail marocain ainsi que l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) à renforcer leur coopération avec les autorités espagnoles. L’objectif serait d’améliorer les mécanismes de contrôle encadrant le recrutement, l’emploi et les conditions de séjour des saisonnières marocaines.
Les responsables syndicaux insistent également sur l’importance de l’application effective des normes internationales du travail, notamment celles promues par l’Organisation internationale du travail, ainsi que des conventions relatives à la protection des femmes contre les discriminations, les violences et le harcèlement.
Par ailleurs, les associations concernées établissent un lien entre cette situation et les difficultés socio-économiques rencontrées dans certaines zones rurales du Maroc. Elles considèrent que l’amélioration des conditions de vie, l’accès à l’emploi et le renforcement des opportunités économiques au niveau local pourraient contribuer à réduire la vulnérabilité des femmes qui choisissent la migration saisonnière pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Face à ce nouveau drame, plusieurs acteurs associatifs et syndicaux appellent les pouvoirs publics marocains et espagnols à renforcer les dispositifs de protection des travailleuses agricoles. Ils plaident pour une meilleure surveillance des conditions de travail, un accompagnement social accru et une prise en compte plus importante des recommandations formulées par les organisations de défense des droits humains.
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