IGOC 2026 : une réforme ambitieuse pour stimuler l’investissement et renforcer les exportations marocaines
L’Office des changes a dévoilé les principaux axes de la nouvelle Instruction générale des opérations de change (IGOC) 2026 lors de la troisième édition du Business Meeting by BOA, organisée mardi à Casablanca. Cette réforme, présentée comme l’une des plus importantes de ces dernières années, vise à moderniser le cadre réglementaire des opérations de change tout en offrant davantage de souplesse aux investisseurs, exportateurs et entrepreneurs marocains.
Devant un public composé de dirigeants d’entreprises, d’experts bancaires et de représentants d’institutions publiques, Abdelmouttalib Berrada, chef de la division Réglementation et Affaires juridiques à l’Office des changes, a détaillé les fondements et les objectifs de cette nouvelle instruction.
Une réforme construite sur la concertation
L’élaboration de l’IGOC 2026 s’inscrit dans un processus de modernisation progressive entamé depuis plusieurs années. Avant 2011, les opérations de change étaient régies par une multitude de circulaires distinctes, rendant leur application complexe pour les opérateurs économiques.
La mise en place d’un document unique en 2011 a marqué une première étape importante vers la simplification des procédures. Depuis, plusieurs mises à jour ont été réalisées, notamment en 2013 et en 2019, avant cette nouvelle refonte de grande ampleur.
Selon l’Office des changes, la réforme 2026 est le résultat d’un vaste processus de consultation ayant mobilisé fédérations professionnelles, associations sectorielles et organismes publics. Plus de 130 réunions et plusieurs études d’impact ont été menées afin d’adapter la réglementation aux besoins réels des acteurs économiques.
Des mesures d’assouplissement pour les opérateurs
Parmi les nouveautés majeures introduites par l’IGOC 2026 figure le renforcement des prérogatives accordées aux banques, qui pourront désormais traiter une grande partie des opérations sans intervention préalable de l’Office des changes.
Certaines opérations jugées sensibles continueront toutefois de faire l’objet d’un contrôle spécifique afin de préserver les équilibres macroéconomiques du pays et de sécuriser les transactions des entreprises.
La réforme prévoit également une augmentation des dotations destinées aux voyages professionnels ainsi qu’aux activités liées au commerce électronique. Les start-up bénéficiant d’un label officiel pourront désormais investir directement à l’étranger jusqu’à 10 millions de dirhams, une mesure destinée à soutenir leur expansion internationale.
Les investisseurs étrangers profiteront eux aussi d’un cadre plus flexible, notamment en matière de transfert de dividendes et de gestion de leurs investissements au Maroc.
Une catégorisation des entreprises pour plus de flexibilité
L’une des innovations les plus remarquées de cette réforme concerne la mise en place d’un système de catégorisation des opérateurs économiques.
Les entreprises considérées comme fiables et respectueuses de leurs obligations réglementaires bénéficieront de facilités supplémentaires. Elles pourront notamment procéder à certains règlements anticipés d’importations et disposer d’un accès élargi aux comptes en devises.
Cette approche vise à instaurer une relation de confiance entre l’administration et les opérateurs tout en fluidifiant les échanges commerciaux internationaux.
De nouvelles opportunités pour les exportateurs
L’IGOC 2026 introduit également plusieurs avantages destinés à renforcer la compétitivité des exportateurs marocains.
Les entreprises opérant sur des marchés internationaux pourront alimenter leurs comptes en devises à hauteur de 15 % de la valeur de leurs contrats à l’étranger. Cette disposition doit leur permettre de mieux gérer leur trésorerie et de gagner en visibilité financière.
Les exportateurs de services bénéficieront par ailleurs d’une plus grande liberté dans la gestion de leurs activités internationales, notamment grâce à l’ouverture facilitée de comptes à l’étranger et à la possibilité d’effectuer certaines opérations directement depuis le Maroc.
La digitalisation au cœur du dispositif
Autre avancée notable : la poursuite de la digitalisation des procédures. L’Office des changes prévoit le déploiement de plateformes numériques permettant le dépôt, le suivi et le traitement des demandes à distance.
Cette évolution devrait réduire les délais administratifs, limiter les déplacements des opérateurs et améliorer l’efficacité globale des services proposés.
Une étape clé pour l’ouverture économique du Maroc
Avec l’IGOC 2026, le Maroc poursuit sa stratégie de modernisation économique et de renforcement de son attractivité auprès des investisseurs nationaux et internationaux. La réforme cherche à concilier davantage de flexibilité pour les entreprises et le maintien des équilibres financiers du Royaume.
En favorisant l’investissement, l’innovation et les exportations, ce nouveau cadre réglementaire ambitionne de donner aux opérateurs marocains les moyens de se développer dans un environnement économique mondial de plus en plus compétitif.
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