Importations ovines : l’opposition questionne les chiffres et la gestion des aides publiques au Maroc
L’opposition parlementaire au Maroc a relancé le débat autour des mécanismes de soutien public destinés aux importations de bétail, après l’apparition d’un important écart entre les chiffres officiels et les données liées au commerce extérieur concernant les ovins importés en 2023. Cette controverse intervient dans un contexte marqué par la hausse persistante des prix des moutons destinés à l’Aïd al-Adha ainsi que des viandes rouges sur le marché national.
Selon les critiques formulées par plusieurs représentants de l’opposition, les autorités auraient annoncé l’importation et le soutien de près de 386 000 têtes ovines dans le cadre du programme exceptionnel mis en place en 2023. Pourtant, les statistiques douanières portant sur les échanges extérieurs feraient état d’environ 136 000 têtes importées entre mars et fin juin de la même année. Cet écart de plus de 250 000 têtes suscite de nombreuses interrogations sur la précision des chiffres communiqués et sur les modalités de gestion des aides publiques accordées aux opérateurs du secteur.
Le dispositif adopté par l’État marocain visait à limiter l’augmentation des prix des animaux de sacrifice et à stabiliser le marché des viandes rouges. Il comprenait une aide directe de 500 dirhams pour chaque tête ovine importée, en plus d’exonérations fiscales et douanières accordées aux importateurs de moutons et de bovins durant les exercices 2023 et 2024.
Cependant, malgré ces mesures exceptionnelles et l’effort budgétaire engagé, les prix sont restés élevés sur les marchés marocains. Cette situation alimente les critiques de l’opposition, qui estime que les consommateurs n’ont pas bénéficié d’une baisse réelle des tarifs. Les ménages continuent en effet de faire face à un coût important des viandes rouges et des animaux destinés au sacrifice, dans un contexte économique marqué par la pression sur le pouvoir d’achat.
Les partis de l’opposition demandent désormais davantage de transparence concernant le coût global des exonérations fiscales supporté par le Trésor public au cours des dernières années. Ils réclament également des précisions sur le nombre exact d’importateurs ayant bénéficié du programme, leurs statuts juridiques ainsi que les critères d’attribution des aides.
Par ailleurs, plusieurs voix appellent à l’ouverture d’enquêtes administratives et d’audits afin de vérifier les écarts statistiques relevés entre les données officielles et les chiffres des importations recensées par les services douaniers. Les parlementaires souhaitent aussi connaître les éventuelles mesures envisagées pour éviter que les subventions publiques ne profitent principalement aux intermédiaires et aux importateurs, sans effet concret sur les prix payés par les consommateurs.
Ce dossier continue ainsi d’alimenter le débat politique et économique au Maroc, où la question de la transparence dans la gestion des finances publiques et du soutien aux secteurs sensibles reste au cœur des préoccupations.
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