Indonésie : l’Anak Krakatau perturbe le trafic aérien et fragilise la reprise des vols
Le trafic aérien reprend progressivement autour de Jakarta, mais la situation reste sous surveillance en Indonésie. Après plusieurs jours de perturbations provoquées par les cendres volcaniques de l’Anak Krakatau, le principal aéroport de la capitale a rouvert ses installations, sans pour autant garantir un retour immédiat à la normale.
L’aéroport international Soekarno-Hatta, principale porte d’entrée aérienne de Jakarta, avait été contraint de suspendre ses activités à la suite des premières éruptions du volcan. Les retombées de cendres avaient également affecté plusieurs plateformes aéroportuaires du pays, entraînant des annulations et des perturbations qui ont touché plus de 340.000 voyageurs.
La réouverture constitue une première étape, mais les compagnies aériennes doivent encore absorber les conséquences de l’arrêt des opérations. Près de 178 appareils immobilisés à Soekarno-Hatta doivent notamment faire l’objet de contrôles afin de vérifier leur aptitude à reprendre les vols. La remise en circulation de ces avions dépendra également de la capacité des transporteurs à reconstruire progressivement leurs programmes.
L’effet domino pourrait ainsi prolonger les perturbations au-delà de la seule période de fermeture. Un avion immobilisé à Jakarta peut en effet être utilisé pour plusieurs rotations successives. Un retard ou une annulation peut donc se répercuter sur les vols suivants, compliquant la reconstitution des programmes des compagnies.
Plusieurs autres plateformes ont néanmoins recommencé à fonctionner. Quatre aéroports supplémentaires, dont un autre desservant Jakarta et un situé à Bandung, dans l’ouest de Java, ont rouvert. Un autre aéroport avait déjà repris ses opérations la veille. Deux infrastructures aéroportuaires restent toutefois fermées, signe que les conditions ne permettent pas encore une reprise généralisée.
Pour les transporteurs, cette situation représente également un coût financier important. Les annulations, les déroutements et les opérations supplémentaires nécessaires au maintien du trafic alourdissent les dépenses quotidiennes. L’Association nationale des transporteurs aériens d’Indonésie estime ainsi que les compagnies pourraient subir jusqu’à 19 milliards de roupies de pertes et de coûts supplémentaires chaque jour, soit environ 1,1 million de dollars.
Les dépenses concernent notamment la consommation de carburant liée aux changements d’itinéraires, le stationnement prolongé des appareils et les frais de personnel. Dans un secteur où les rotations sont étroitement liées les unes aux autres, une perturbation localisée peut rapidement prendre une ampleur nationale.
Le principal facteur d’incertitude demeure toutefois l’activité volcanique. L’Anak Krakatau a de nouveau connu trois épisodes éruptifs mardi matin. Leur intensité était inférieure à celle des premières manifestations, mais la menace pour l’aviation reste directement liée à la quantité de cendres projetées dans l’atmosphère et à leur déplacement sous l’effet des vents.
Les autorités indonésiennes maintiennent donc une surveillance étroite du volcan. Pour les compagnies aériennes, la réouverture d’un aéroport ne signifie pas nécessairement un retour durable à des conditions normales : une nouvelle émission importante de cendres pourrait rapidement modifier les conditions de navigation aérienne et provoquer de nouvelles restrictions.
Cette situation illustre la vulnérabilité particulière de l’Indonésie face aux risques volcaniques. L’archipel compte environ 130 volcans actifs et se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone caractérisée par une forte activité tectonique et volcanique. D’autres édifices, comme les monts Ibu et Ili Lewotolok, ont également connu des éruptions mardi.
L’Anak Krakatau occupe par ailleurs une place particulière dans l’histoire volcanique de l’archipel. Né dans la zone où se trouvait auparavant le Krakatau, il est apparu il y a environ un siècle. Son prédécesseur reste associé à l’une des plus grandes catastrophes volcaniques de l’époque moderne : l’éruption de 1883 avait provoqué des destructions massives et plus de 36.000 décès, notamment à la suite des tsunamis qui avaient frappé les côtes environnantes.
Aujourd’hui, le principal enjeu est d’éviter qu’une nouvelle intensification de l’activité volcanique ne compromette davantage les liaisons aériennes. La reprise engagée à Jakarta reste donc progressive et conditionnée à l’évolution du volcan. Pour les voyageurs comme pour les compagnies, la situation demeure susceptible d’évoluer rapidement.
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