Infrastructures au Maroc : Casablanca Sud ouvre de nouvelles perspectives aux entreprises chinoises
Le chantier de la future gare de Casablanca Sud ne se limite pas à un projet ferroviaire majeur. À mesure que les travaux avancent, il suscite l’intérêt d’entreprises chinoises qui voient dans les contrats de sous-traitance, l’équipement et l’ingénierie une porte d’entrée vers un marché marocain des infrastructures en pleine expansion.
Le développement accéléré des infrastructures marocaines attire désormais les entreprises internationales bien au-delà des grands contrats de construction. Au Maroc, la multiplication des projets ferroviaires, routiers et logistiques crée un écosystème de fournisseurs et de sous-traitants qui intéresse particulièrement les groupes chinois.
La future gare de Casablanca Sud illustre cette évolution. Son chantier, dont les principaux marchés représentent près de 1,28 milliard de dirhams, est aujourd’hui observé comme une opportunité commerciale par plusieurs acteurs spécialisés dans les infrastructures et les équipements.
Un marché qui dépasse le seul chantier ferroviaire
Le marché principal de construction de la gare s’élève à environ 945 millions de dirhams, tandis que les travaux d’aménagement et de raccordement autour du site représentent quelque 341 millions de dirhams.
Cette enveloppe ne correspond toutefois pas à un unique marché ouvert à la concurrence internationale. Une partie importante des opportunités apparaît après l'attribution du contrat principal, lorsque commencent les commandes d'équipements, les travaux spécialisés, l'installation des systèmes techniques et les opérations de sous-traitance.
C'est précisément sur ces segments que des entreprises chinoises cherchent à se positionner.
Les secteurs concernés sont nombreux : équipements électriques, structures métalliques, travaux routiers, ponts, tunnels, installations techniques ou encore solutions de transport intelligent. Autant de domaines susceptibles de générer des contrats secondaires autour des grands projets marocains.
Casablanca Sud, un projet stratégique pour la mobilité
La future gare doit jouer un rôle important dans l'évolution du réseau de transport de Casablanca. Implantée dans le sud de la métropole, elle s'inscrit dans le développement de la liaison à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech.
Son ambition est de dépasser la fonction traditionnelle d'une gare ferroviaire. Le site doit accueillir différents types de trains et faciliter les correspondances avec les réseaux de transport urbain et régional.
Le bâtiment principal doit couvrir plus de 21 900 mètres carrés. Autour de la gare, plusieurs opérations d'infrastructure sont également prévues : passages souterrains, ouvrages d'art, nouvelles voies routières et réaménagement d'axes existants.
Un pont d'environ 450 mètres ainsi que près de 700 mètres de nouvelles routes figurent notamment dans le programme. Quelque 3,1 kilomètres de voiries existantes doivent également être élargis ou réhabilités.
L'objectif est de transformer progressivement le secteur en un véritable point d'interconnexion entre le rail, la route et les transports urbains.
Les entreprises chinoises misent sur la chaîne de fournisseurs
L'intérêt chinois ne porte donc pas nécessairement sur la prise de contrôle des grands marchés. Il s'agit davantage de trouver une place dans l'ensemble de la chaîne industrielle créée par ces investissements.
La plateforme chinoise Seetao, spécialisée dans les infrastructures et les transports, souligne ainsi l'intérêt pour les entreprises de nouer des relations avec le titulaire du marché principal, les sous-traitants, les bureaux d'études et les partenaires marocains.
Cette stratégie permettrait aux groupes spécialisés de proposer leurs équipements, leurs technologies ou leurs services sur plusieurs niveaux des projets.
Elle pourrait également leur offrir un avantage pour les futurs chantiers, en développant progressivement des réseaux professionnels et commerciaux au Maroc.
Une dynamique portée par l'échéance de 2030
La montée en puissance des infrastructures marocaines intervient dans un contexte particulier. Le Royaume prépare notamment l'organisation de la Coupe du monde 2030, ce qui devrait continuer à stimuler les investissements dans les transports, la mobilité et la connectivité entre les principales villes.
Le ferroviaire constitue l'un des axes majeurs de cette transformation. L'extension du réseau à grande vitesse s'accompagne d'investissements dans les gares, les infrastructures de raccordement et les équipements destinés à améliorer les déplacements.
Pour les entreprises étrangères, cette dynamique ouvre donc un marché susceptible de s'étendre bien au-delà d'un chantier isolé.
Sogea aux commandes du marché principal
Le marché principal de la future gare a été attribué en juin à Sogea, pour un montant de 945 millions de dirhams.
Le chantier est désormais entré dans sa phase d'exécution. Les opérations concernent notamment la préparation du terrain, les infrastructures ferroviaires ainsi que la réorganisation de certains réseaux et équipements urbains.
Pour les fournisseurs et sous-traitants, cette phase marque le début d'une période au cours de laquelle les besoins techniques et industriels se précisent.
C'est précisément ce calendrier qui alimente l'intérêt des entreprises chinoises, désireuses d'intégrer les différents niveaux de la chaîne d'approvisionnement.
Un avant-goût d'un marché marocain en expansion
Au-delà de Casablanca Sud, l'enjeu est celui de l'accès à un marché marocain appelé à se développer dans les prochaines années.
La modernisation du réseau ferroviaire, l'amélioration des infrastructures routières, le développement des plateformes logistiques et la montée en puissance des systèmes de mobilité intelligente devraient multiplier les besoins en équipements et en expertise technique.
La future gare de Casablanca Sud apparaît ainsi comme un point de convergence entre deux dynamiques : d'un côté, la volonté du Maroc de renforcer ses infrastructures et son réseau de transport ; de l'autre, l'ambition des entreprises chinoises de s'insérer dans les chaînes de valeur générées par ces investissements.
Le véritable enjeu pourrait donc dépasser largement la construction de la gare. Pour les acteurs étrangers capables de s'intégrer aux réseaux locaux de sous-traitance et d'approvisionnement, le chantier pourrait constituer une première étape vers une présence plus durable dans le secteur marocain des infrastructures.
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