Insécurité alimentaire : 11,7 millions de femmes et de filles menacées d’ici fin 2026
L’escalade des conflits au Moyen-Orient et les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz pourraient aggraver les difficultés d’accès à l’alimentation dans plusieurs régions du monde. Selon une analyse publiée par ONU Femmes, au moins 11,7 millions de femmes et de filles supplémentaires pourraient être exposées à l’insécurité alimentaire d’ici à la fin de 2026, dans un contexte de hausse des coûts de l’énergie, des engrais et du transport.
L’agence des Nations unies souligne que les conséquences économiques des tensions régionales dépassent les zones directement touchées par les combats. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement sont susceptibles de renchérir les denrées alimentaires et de fragiliser davantage les populations dont les revenus ne permettent déjà pas de faire face à la hausse du coût de la vie.
Les femmes et les filles particulièrement exposées aux conséquences de la crise
D’après l’analyse d’ONU Femmes, les femmes et les filles représenteraient 53 % des quelque 22 millions de personnes supplémentaires susceptibles de basculer dans l’insécurité alimentaire d’ici à la fin de l’année, parmi les 28 pays examinés.
Ce risque viendrait s’ajouter à une situation déjà préoccupante : environ 208 millions de femmes et de filles sont confrontées à l’insécurité alimentaire ou à la sous-alimentation dans les pays couverts par l’étude.
L’agence précise toutefois que ces chiffres reposent sur des scénarios d’évolution de la crise. Ils constituent des estimations des risques potentiels et ne doivent pas être interprétés comme des prévisions certaines.
Le détroit d’Ormuz, un point de tension aux répercussions économiques mondiales
Les difficultés de circulation maritime dans le détroit d’Ormuz figurent parmi les facteurs susceptibles d’amplifier la pression sur les marchés. Cette voie stratégique joue un rôle majeur dans le transport énergétique mondial. Les perturbations qui l’affectent peuvent se répercuter sur les coûts de l’énergie, des intrants agricoles et de la logistique.
L’augmentation de ces dépenses pèse sur les chaînes de production et de distribution alimentaires. Pour les ménages, elle peut se traduire par une hausse des prix et une réduction des quantités de nourriture accessibles, particulièrement lorsque les revenus stagnent ou diminuent.
Les pertes d’emplois, la contraction des activités économiques et la fragilisation des moyens de subsistance pourraient accentuer ces difficultés. ONU Femmes relève également que les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes sur le marché du travail, ainsi que les obstacles à l’accès aux services financiers, limitent les capacités de nombreuses femmes à absorber les chocs économiques.
Des vulnérabilités particulièrement fortes dans plusieurs pays
Le risque ne se répartit pas uniformément entre les pays étudiés. Les États les plus peuplés pourraient compter le plus grand nombre de femmes et de filles exposées, en raison de la taille de leur population.
D’autres pays, notamment le Soudan du Sud, le Soudan, Haïti et le Yémen, présentent des vulnérabilités plus concentrées. Dans ces territoires, le cumul de difficultés économiques, de crises alimentaires et de facteurs de fragilité préexistants pourrait amplifier les effets des perturbations internationales.
Cette situation souligne la nécessité de tenir compte des réalités propres à chaque pays dans l’évaluation des besoins humanitaires et dans la mise en œuvre des dispositifs d’assistance.
ONU Femmes appelle à une réponse combinant aide alimentaire et soutien économique
Face à ces risques, ONU Femmes préconise une intervention coordonnée qui ne se limite pas à la distribution de denrées alimentaires. L’agence plaide pour une approche associant aide alimentaire, transferts monétaires, soutien nutritionnel, dispositifs de protection et accompagnement du secteur agricole.
L’amélioration de l’accès des femmes à la terre, au crédit, aux services et aux moyens de production figure également parmi les leviers identifiés. Ces mesures visent à renforcer leur autonomie économique et leur capacité à faire face aux crises prolongées.
Au-delà de l’urgence humanitaire, l’alerte met en évidence les conséquences sociales que peuvent entraîner les tensions géopolitiques sur les populations les plus vulnérables. L’évolution des coûts de transport, de l’énergie et des intrants agricoles constituera ainsi un facteur important dans l’appréciation des risques alimentaires au cours des prochains mois.
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