Intelligence artificielle : le Maroc plaide pour une gouvernance mondiale plus inclusive à l’ONU
Le Maroc renforce son engagement dans les débats internationaux autour de l’intelligence artificielle (IA). À New York, l’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès des Nations unies, Omar Hilale, a coprésidé une réunion de haut niveau consacrée à la préparation du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, prévu début juillet à Genève.
Cette rencontre a réuni des représentants d’États membres ainsi que des responsables d’organisations internationales afin d’évaluer les avancées des préparatifs de ce rendez-vous inédit, appelé à réunir l’ensemble des acteurs concernés par l’avenir de l’intelligence artificielle.
Genève, future plateforme mondiale du dialogue sur l’IA
Prévu les 6 et 7 juillet à Genève, ce premier Dialogue mondial ambitionne de créer un espace de concertation associant les 193 États membres des Nations unies, mais aussi les scientifiques, les entreprises technologiques et les représentants de la société civile.
Les organisateurs souhaitent faire de cet événement un cadre de discussion multilatéral permettant de répondre aux défis croissants liés à l’essor de l’intelligence artificielle, qu’ils soient technologiques, économiques, sociaux ou éthiques.
Lors de la réunion préparatoire, les responsables chargés de l’organisation ont présenté les grandes orientations de cette rencontre qui pourrait marquer une étape importante dans la construction d’un cadre de gouvernance mondial.
Le risque d’une gouvernance réservée à quelques acteurs
Dans son intervention, Omar Hilale a insisté sur la nécessité d’éviter que les décisions concernant l’avenir de l’IA soient prises par un nombre limité d’acteurs ou de pays.
Le diplomate marocain a souligné que les enjeux liés à cette technologie dépassent désormais largement le champ de l’innovation technique. Ils touchent à la compétitivité économique, à l’équilibre géopolitique, à l’accès aux connaissances et aux perspectives de développement pour de nombreuses régions du monde.
Selon lui, l’un des principaux défis consiste à garantir une représentation équitable de l’ensemble des pays dans les discussions internationales portant sur les règles qui encadreront l’intelligence artificielle dans les prochaines décennies.
Une technologie en pleine expansion
L’intelligence artificielle connaît une croissance rapide à l’échelle mondiale et s’impose progressivement comme un moteur majeur de transformation économique.
Les investissements dans la recherche, les infrastructures numériques et les applications basées sur l’IA se concentrent toutefois dans un nombre restreint de pays et d’entreprises, accentuant les écarts entre les différentes régions du monde.
Cette réalité nourrit les préoccupations de nombreux États qui craignent de voir émerger une fracture technologique limitant leur capacité à bénéficier des opportunités offertes par cette révolution numérique.
L’Afrique au cœur des enjeux futurs
Le représentant marocain a également mis en avant l’importance d’associer pleinement le continent africain aux discussions internationales sur l’intelligence artificielle.
Avec une population particulièrement jeune et un potentiel important en matière d’innovation, l’Afrique apparaît comme l’une des régions les plus concernées par les conséquences futures de cette transformation technologique.
Pour le Royaume, l’enjeu consiste à bâtir un modèle de gouvernance capable d’intégrer les préoccupations et les attentes de tous les pays, indépendamment de leur niveau de développement ou de leurs capacités technologiques.
Le Maroc parmi les acteurs engagés de la gouvernance numérique
Cette initiative s’inscrit dans la continuité de l’action diplomatique menée par le Maroc sur les questions liées à l’intelligence artificielle.
Le Royaume avait notamment joué un rôle moteur dans l’adoption, en 2024, de la première résolution des Nations unies consacrée à l’IA. Cette dynamique s’est ensuite traduite par la création du Groupe des amis des Nations unies sur l’intelligence artificielle, coprésidé par le Maroc et les États-Unis.
À travers cette implication, Rabat entend contribuer à l’émergence d’un cadre international favorisant une utilisation responsable, inclusive et durable de l’intelligence artificielle au service du développement.
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