Irak : Bagdad demande une exemption américaine pour maintenir les vols iraniens
Face aux conséquences humanitaires de la suspension des liaisons aériennes iraniennes, l’Irak tente d’obtenir de Washington une dérogation ciblée. Bagdad souhaite préserver certains vols indispensables aux patients, aux étudiants et aux pèlerins, alors que les nouvelles sanctions américaines mettent sous pression les liaisons entre les deux pays.
La mise en œuvre des nouvelles sanctions américaines contre le secteur aérien iranien commence à bouleverser les déplacements entre l’Iran et l’Irak. À Bagdad, les autorités cherchent désormais à négocier avec Washington afin d’obtenir une exemption permettant à certains aéroports irakiens de continuer à accueillir les compagnies iraniennes.
Le bureau du Premier ministre irakien a confirmé samedi l’existence de discussions directes avec les autorités américaines. L’objectif affiché est de permettre la reprise de certaines liaisons pour des motifs considérés comme prioritaires, notamment les soins médicaux, les études et les déplacements religieux.
Des liaisons essentielles pour les populations
La suspension des vols ne touche pas uniquement les voyageurs ordinaires. Les compagnies iraniennes jouent un rôle important dans les échanges entre les deux pays, notamment pour les déplacements de pèlerins chiites vers les lieux saints, mais aussi pour les étudiants irakiens installés en Iran et les patients qui y suivent des traitements.
La ville de Najaf se trouve au centre de cette problématique. Son aéroport constitue l'une des principales portes d'entrée en Irak pour les voyageurs iraniens et dessert notamment les visiteurs se rendant dans les hauts lieux religieux chiites. Les vols assurés par les transporteurs iraniens ont également permis à de nombreux Irakiens de rejoindre rapidement l’Iran.
Depuis vendredi, les liaisons entre l’Iran et Najaf ont été suspendues, après l’application des nouvelles restrictions. D’autres aéroports irakiens, dont ceux de Bagdad, Erbil et Souleimaniyah, ont également été concernés par l’arrêt des vols iraniens.
Des voyageurs confrontés à des solutions de remplacement difficiles
La disparition des liaisons aériennes complique particulièrement la situation des personnes dont le déplacement répond à un besoin précis. Des patients craignent ainsi de ne plus pouvoir rejoindre leurs établissements de soins en Iran, tandis que certains étudiants et pèlerins se retrouvent contraints de chercher des itinéraires alternatifs.
Le transport terrestre constitue l’une des principales solutions disponibles, mais il implique des trajets beaucoup plus longs et une capacité limitée. Des témoignages recueillis auprès de voyageurs irakiens font état d’une hausse de la demande pour les taxis et les autocars reliant les deux pays.
Cette situation intervient alors que les compagnies aériennes irakiennes avaient déjà interrompu leurs liaisons vers l’Iran au début du conflit régional en février. Les possibilités de déplacement par avion entre les deux pays se retrouvent donc fortement réduites.
Washington durcit la pression sur le secteur aérien iranien
À l’origine de cette situation se trouve une nouvelle offensive de sanctions américaines contre l’aviation iranienne. Le Trésor américain a annoncé début septembre des mesures visant plusieurs dizaines d’entités liées au secteur, dont de nombreuses compagnies aériennes iraniennes. Washington a également averti les entreprises étrangères qui continueraient à fournir des services aux transporteurs concernés qu’elles pourraient elles-mêmes s’exposer à des sanctions.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, avait notamment indiqué que les entreprises fournissant du carburant, des services au sol ou d’autres prestations aux compagnies iraniennes risquaient de subir de lourdes conséquences financières. La menace porte notamment sur leur accès au système financier en dollars.
Cette politique vise à accentuer l’isolement économique de l’Iran, mais ses effets se font également sentir dans les pays voisins dont les infrastructures aériennes entretiennent des relations régulières avec les transporteurs iraniens.
Bagdad cherche une solution limitée aux besoins humanitaires
La démarche irakienne auprès de Washington vise précisément à éviter que les sanctions ne compromettent certains déplacements jugés essentiels. L’idée défendue par Bagdad est d’obtenir des exceptions permettant à des aéroports déterminés de continuer à traiter des vols iraniens dans un cadre strictement défini.
Les autorités irakiennes mettent notamment en avant les déplacements médicaux, l’éducation et les visites religieuses. Une telle dérogation permettrait de maintenir une partie des échanges aériens sans remettre en cause le principe général des sanctions américaines.
Le gouvernement irakien se trouve ainsi confronté à un exercice d’équilibre entre ses relations avec Washington et ses liens particulièrement étroits avec Téhéran.
Une relation irako-iranienne difficile à dissocier
L’Irak et l’Iran entretiennent depuis plusieurs décennies des relations étroites, nourries à la fois par la proximité géographique, les liens religieux et d’importants échanges économiques et politiques.
Les déplacements religieux constituent notamment un volet majeur de cette relation. Les villes saintes irakiennes attirent chaque année de nombreux visiteurs venus d’Iran, tandis que des Irakiens se rendent dans les principales villes religieuses iraniennes.
La crise actuelle montre ainsi que les sanctions visant un secteur précis peuvent rapidement produire des répercussions bien au-delà de leur objectif initial. Pour Bagdad, l’enjeu est désormais de convaincre Washington qu’une exemption limitée est nécessaire pour préserver des liaisons à caractère humanitaire et civil.
Les discussions engagées entre les deux gouvernements pourraient déterminer dans les prochains jours si certaines liaisons aériennes entre l’Irak et l’Iran pourront reprendre.
-
21:15
-
21:00
-
20:45
-
20:30
-
20:15
-
20:00
-
19:45
-
19:30
-
19:15
-
19:00
-
18:45
-
18:30
-
18:15
-
18:00
-
17:45
-
17:30
-
17:15
-
17:00
-
16:45
-
16:30
-
16:15
-
16:00
-
15:45
-
15:30
-
15:15
-
15:00
-
14:45
-
14:30
-
14:15
-
14:00
-
13:51
-
13:45
-
13:35
-
13:30
-
13:15
-
13:00
-
12:45
-
12:30
-
12:15
-
12:00
-
11:45
-
11:30
-
11:15
-
11:00
-
10:45
-
10:30
-
10:15
-
10:00
-
09:45
-
09:30
-
09:15
-
09:00