Iran : la libération de Goli Kouhkan ravive le débat sur les violences faites aux femmes
La jeune Iranienne Goli Kouhkan, âgée de 25 ans, a été libérée cette semaine après l’annulation de sa condamnation à mort. Cette décision fait suite à un accord conclu avec la famille de son ex-mari, décédé en 2018. Son cas, largement relayé par les organisations de défense des droits humains, remet en lumière la situation alarmante des femmes victimes de mariages forcés et de violences conjugales en Iran.
Les autorités iraniennes ont confirmé sa libération depuis la province de Golestan. Sans-papiers et issue de la minorité baloutche, Goli Kouhkan avait été condamnée pour le meurtre de son mari, décrit comme violent envers elle et leur enfant. Selon plusieurs ONG, elle avait été mariée de force à l’âge de 12 ans et était devenue mère dès 13 ans. Pendant des années, elle aurait subi des violences physiques et psychologiques au sein du foyer.
D’après l’organisation Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, Goli Kouhkan a échappé à l’exécution grâce au versement du « prix du sang », un mécanisme prévu par la législation iranienne permettant de compenser financièrement la famille de la victime. Sa remise en liberté a été confirmée par Heydar Asiabi, chef de la juridiction du Golestan, et relayée par la télévision d’État, qui a diffusé une photo de la jeune femme aux côtés de responsables officiels.
Cette issue intervient alors que des experts des Nations unies avaient appelé, quelques jours auparavant, à suspendre son exécution. Ils avaient alerté sur les violences subies par Goli Kouhkan, ainsi que sur le cadre juridique iranien, qui ne criminalise ni les violences conjugales ni les mariages forcés d’enfants.
Selon leur rapport, l’altercation ayant mené à la mort du mari s’est produite en mai 2018 : alors âgée de 18 ans, la jeune femme avait appelé un proche à l’aide après une nouvelle scène de violence qui avait également impliqué leur fils de cinq ans. Une confrontation avait alors éclaté, entraînant le décès de son mari.
La rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits humains en Iran, Mai Sato, a salué « une vie sauvée », tout en déplorant le contexte légal qui continue d’exposer de nombreuses femmes à la violence sans recours protecteur. Les chiffres publiés par IHR montrent l’ampleur du phénomène : plus de 40 femmes ont été exécutées en Iran en 2025, souvent dans des affaires liées à des mariages imposés durant l’enfance ou à des violences domestiques persistantes. Au total, 1.426 personnes ont été exécutées dans le pays entre janvier et novembre, selon le dernier décompte de l’ONG.
La libération de Goli Kouhkan vient ainsi rappeler la nécessité urgente de réformes juridiques afin de protéger les victimes et de prévenir des violences encore trop répandues dans certaines régions du pays.
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