Iran : Téhéran menace de bloquer les exportations de pétrole du Moyen-Orient
La confrontation entre l’Iran et ses adversaires internationaux franchit un nouveau seuil. Les autorités iraniennes ont annoncé qu’aucune exportation de pétrole ne serait autorisée depuis le Moyen-Orient « jusqu’à nouvel ordre », une déclaration qui marque un durcissement majeur dans la crise qui secoue la région depuis la fin février.
Cette annonce intervient alors que Washington évoque au contraire la possibilité d’une désescalade rapide du conflit.
L’Iran menace les flux pétroliers de la région
Le porte-parole des gardiens de la révolution, Ali Mohammad Naini, a affirmé que les forces armées iraniennes ne permettraient plus l’exportation de pétrole vers les pays considérés comme hostiles.
Selon lui, cette mesure restera en vigueur tant que les tensions militaires persisteront. L’Iran entend ainsi utiliser l’un de ses principaux leviers stratégiques : son influence sur le détroit d’Ormuz, passage maritime clé pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Ce corridor énergétique est considéré comme l’un des points les plus sensibles du marché mondial. Une part importante de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié y transite quotidiennement.
Pour Téhéran, toute tentative de stabiliser les prix de l’énergie en pleine guerre serait illusoire tant que la sécurité régionale restera menacée.
Des négociations avec Washington jugées impossibles
Dans ce contexte, les autorités iraniennes affirment que toute perspective de discussions avec les États-Unis est désormais écartée. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que la fin du conflit ne serait décidée que par l’Iran.
Il a également indiqué que les forces armées iraniennes restaient prêtes à poursuivre leurs opérations militaires aussi longtemps que nécessaire.
Ces déclarations interviennent quelques jours après un changement majeur au sommet de l’État iranien, avec la désignation de l’ayatollah Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême à la suite de la mort de son père dans des frappes israélo-américaines.
Washington affiche un discours plus optimiste
Les propos iraniens contrastent avec les déclarations du président américain Donald Trump, qui a récemment affirmé que la guerre pourrait bientôt prendre fin.
S’exprimant lors d’une conférence de presse à Miami, le président américain a estimé que les opérations militaires menées par les États-Unis avaient atteint leurs objectifs plus rapidement que prévu.
Il a toutefois averti que Washington pourrait intensifier ses frappes si l’Iran tentait de bloquer le détroit d’Ormuz ou de perturber les marchés mondiaux de l’énergie.
Donald Trump a également évoqué la possibilité d’assouplir certaines sanctions liées au pétrole afin de limiter la flambée des prix sur les marchés internationaux.
Israël poursuit ses opérations militaires
Du côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que la campagne militaire contre l’Iran se poursuivait. Selon lui, les opérations menées depuis le début du conflit ont déjà fortement affaibli les structures du pouvoir iranien.
Israël affirme vouloir poursuivre ses actions afin de réduire les capacités militaires de Téhéran et de ses alliés dans la région.
Dans la nuit de lundi à mardi, des frappes israéliennes ont également visé plusieurs zones du sud et de l’est du Liban, régions où le mouvement Hezbollah, soutenu par l’Iran, dispose d’une forte implantation.
Une crise qui s’étend dans toute la région
Les tensions dépassent désormais les frontières des deux principaux protagonistes. Plusieurs incidents ont été signalés dans différents pays du Moyen-Orient.
L’Iran a revendiqué une attaque de missiles visant une base américaine située dans la région du Kurdistan irakien. Dans le même temps, plusieurs États du Golfe ont signalé des interceptions de drones et de missiles.
Les Émirats arabes unis ont indiqué avoir été la cible de tirs iraniens, tandis que le Koweït et l’Arabie saoudite ont affirmé avoir neutralisé des drones. À Bahreïn, une attaque aurait provoqué la mort de deux personnes après qu’un missile a frappé un immeuble résidentiel à Manama.
Par ailleurs, un projectile iranien a été intercepté au-dessus de la Turquie, conduisant Ankara à adresser une mise en garde à Téhéran.
Les marchés financiers oscillent entre inquiétude et soulagement
Malgré les tensions militaires, les marchés internationaux ont montré des signes d’apaisement après un épisode de forte volatilité.
Les prix du pétrole ont reculé d’environ 5 % en fin de séance asiatique, tandis que le gaz européen enregistrait une baisse d’environ 15 %. Les principales places boursières ont également rebondi, notamment à Paris, Francfort et Londres.
Les analystes restent toutefois prudents, estimant que l’évolution des marchés dépendra largement de la trajectoire du conflit et des décisions stratégiques prises par les différents acteurs.
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