Israël : Gadi Eisenkot promet l’unité nationale face à Benjamin Netanyahu
À deux jours des élections législatives en Israël, la campagne se joue sur fond de profondes divisions politiques et de tensions sécuritaires. Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major et rival de Benjamin Netanyahu, a fait de la réconciliation nationale l’axe central de son dernier meeting à Tel-Aviv. Le Premier ministre sortant, de son côté, mise sur son bilan sécuritaire et bénéficie une nouvelle fois du soutien public du président américain Donald Trump.
Gadi Eisenkot mise sur le rassemblement
Devant plusieurs centaines de partisans réunis dimanche à Tel-Aviv, Gadi Eisenkot a appelé à dépasser les clivages politiques qui traversent la société israélienne. Alors que son bloc est annoncé au coude-à-coude avec celui de Benjamin Netanyahu, il a défendu une approche fondée sur le rassemblement plutôt que sur la victoire d’un camp contre un autre.
L’ancien chef d’état-major s’est également adressé aux électeurs du Likoud, le parti du Premier ministre, estimant qu’une partie d’entre eux partageait le constat d’un pays qui ne pouvait poursuivre sa trajectoire actuelle.
Sur le plan politique, Eisenkot a réaffirmé ses engagements en matière de sécurité et d’économie, tout en promettant une rupture avec la gouvernance de son adversaire, présent sur la scène politique depuis trois décennies. Il a également insisté sur la nécessité d’assumer les responsabilités politiques, qu’il s’agisse des succès ou des échecs.
Le 7 octobre 2023 au cœur des critiques
La question des défaillances sécuritaires ayant précédé l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 occupe une place importante dans les accusations formulées contre Benjamin Netanyahu. Gadi Eisenkot lui impute une part de responsabilité dans ces événements et s’est engagé à mettre en place une commission d’enquête indépendante.
Son discours trouve un écho auprès de certains électeurs, qui expriment leur besoin de retrouver une direction capable de rétablir la confiance et de rapprocher les différentes composantes de la société.
Eisenkot s’oppose lui aussi à la création d’un État palestinien. Il promet toutefois de réprimer les violences commises par des colons israéliens contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée. Il accuse par ailleurs le Premier ministre d’exploiter la menace iranienne à des fins électorales.
Donald Trump renouvelle son soutien à Netanyahu
Benjamin Netanyahu a reçu un nouvel appui public de Donald Trump. Sur son réseau social, le président américain a salué les qualités de dirigeant de guerre du Premier ministre israélien, en mettant notamment en avant le conflit engagé par Israël et les États-Unis contre l’Iran.
Le chef du gouvernement israélien a, de son côté, poursuivi ses attaques contre l’opposition lors d’une intervention sur la chaîne privée 14, qui lui est favorable. Il a notamment accusé ses adversaires de vouloir favoriser la création d’un État palestinien, qu’il présente comme une menace pour Israël.
Sa campagne repose largement sur la sécurité nationale. Netanyahu affirme être le seul candidat capable de garantir la protection du pays et revendique les résultats de la guerre menée contre Téhéran depuis février, aux côtés de Washington.
Il a également assuré que l’essentiel des objectifs militaires avait été atteint, tout en affirmant qu’une partie du travail restait à accomplir. Selon lui, ses adversaires ne seraient pas en mesure de mener cette mission à son terme.
La menace iranienne s’invite dans la campagne
La confrontation avec l’Iran constitue l’un des principaux arguments avancés par Benjamin Netanyahu à l’approche du scrutin. Le Premier ministre a notamment publié une image générée par intelligence artificielle représentant un champignon atomique au-dessus de ce qui semble être Tel-Aviv. Le message qui l’accompagnait présentait l’Iran comme une menace existentielle pour Israël.
Cette mise en scène a suscité des critiques dans les rangs de l’opposition. Yaïr Lapid, qui a promis de s’allier à Eisenkot, a dénoncé la communication du chef du gouvernement et appelé à son départ.
De son côté, Eisenkot estime que Netanyahu n’a pas atteint les objectifs de guerre qu’il s’était lui-même fixés. Cette critique illustre le débat qui traverse la campagne : au-delà des enjeux militaires, les électeurs sont appelés à se prononcer sur la capacité des dirigeants à garantir la sécurité du pays et à restaurer la cohésion nationale.
À l’approche du vote, les deux camps défendent ainsi des visions opposées du leadership. Eisenkot met en avant la nécessité de rassembler une société divisée, tandis que Netanyahu cherche à consolider son image de dirigeant incontournable face aux menaces extérieures.
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