Japon : Sanae Takaichi remanie son gouvernement et mise sur la continuité
La première ministre japonaise Sanae Takaichi a procédé jeudi 17 septembre à son premier remaniement gouvernemental depuis son arrivée au pouvoir. L’exécutif conserve plusieurs de ses figures centrales, notamment aux Finances, aux Affaires étrangères, à la Défense et dans les portefeuilles économiques. Cette nouvelle équipe doit notamment porter les prochaines mesures fiscales du gouvernement, alors que le débat sur leur financement s’annonce important.
Les principaux ministres restent en place
Le remaniement annoncé à Tokyo modifie une partie de l’équipe gouvernementale, mais maintient plusieurs responsables aux postes stratégiques. Satsuki Katayama conserve le portefeuille des Finances, tandis que Toshimitsu Motegi reste aux Affaires étrangères et Shinjiro Koizumi à la Défense.
Le ministre chargé de la croissance économique, Minoru Kiuchi, est également reconduit. Ryosei Akazawa, chargé du Commerce et de l’Industrie et impliqué notamment dans les négociations tarifaires avec les États-Unis, conserve lui aussi ses fonctions. Le porte-parole du gouvernement, Minoru Kihara, reste également en poste.
Cette continuité concerne en particulier les ministères qui interviennent directement dans la politique économique, commerciale et sécuritaire du Japon.
Un partenaire de coalition entre au gouvernement
Le remaniement comporte toutefois une évolution politique importante. Hiroshi Nakatsuka, membre du Japan Innovation Party, partenaire de coalition du Parti libéral-démocrate de Sanae Takaichi, devient ministre chargé de la réforme réglementaire.
Le parti partenaire avait jusqu’ici choisi de soutenir le gouvernement sans intégrer directement le cabinet. Son entrée dans l’exécutif formalise donc davantage la coopération entre les deux formations.
Cette évolution intervient alors que le gouvernement doit préparer plusieurs textes économiques et budgétaires qui seront examinés par le Parlement.
La baisse de la taxe sur les produits alimentaires au cœur des débats
L’un des principaux dossiers du nouveau gouvernement concerne la fiscalité sur les produits alimentaires. L’exécutif prévoit une réduction temporaire de la taxe à la consommation appliquée à ces produits à partir de 2027.
Le projet prévoit notamment de faire passer pendant deux ans le taux appliqué aux produits alimentaires de 8 % à 1 %. Le dispositif représenterait un manque à gagner annuel estimé à environ 5 000 milliards de yens, soit près de 32 milliards de dollars.
Le gouvernement devra donc préciser les modalités de financement de cette mesure. Les questions budgétaires devraient figurer parmi les principaux sujets de débat lors des prochaines discussions parlementaires.
Des tensions sur les finances publiques
Le débat intervient dans un contexte particulièrement sensible pour les finances japonaises. Le pays affiche une dette publique très élevée et fait face à une hausse du coût de son financement alors que les taux d’intérêt remontent.
Les rendements des obligations d’État japonaises à dix ans ont atteint environ 3 %, un niveau inédit depuis plusieurs décennies. Les orientations budgétaires du gouvernement font ainsi l’objet d’une attention particulière des marchés financiers.
Minoru Kiuchi, reconduit dans ses fonctions économiques, a déclaré que le gouvernement chercherait à concilier croissance et soutenabilité des finances publiques, tout en écartant une expansion budgétaire jugée excessive.
La défense reste également un dossier majeur
Le maintien de Shinjiro Koizumi au ministère de la Défense intervient alors que Tokyo prépare une révision de ses principaux documents stratégiques en matière de sécurité.
Le ministre a indiqué que son ministère devait accélérer ce travail, qui concerne directement la politique de défense du Japon et son environnement sécuritaire régional. Le gouvernement prévoit également une augmentation des dépenses militaires dans le cadre de cette révision stratégique.
Un remaniement entre continuité et élargissement de la coalition
Le nouveau gouvernement japonais combine ainsi maintien de plusieurs ministres clés et ouverture à un partenaire de coalition. Sur le plan économique, la reconduction des principaux responsables traduit la volonté de poursuivre les orientations déjà engagées, notamment en matière de dépenses publiques et de fiscalité.
Les prochaines échéances parlementaires permettront de préciser les modalités des réductions fiscales et leur financement, tandis que les dossiers économiques, monétaires et de défense continueront de structurer l’agenda du gouvernement à Tokyo.
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