Jérusalem-Est : une journaliste palestinienne condamnée à 20 mois de prison par la justice israélienne
La condamnation d’une journaliste palestinienne à une peine de prison ferme par un tribunal israélien ravive les débats autour de la liberté de la presse et des poursuites liées aux publications sur les réseaux sociaux dans le contexte du conflit israélo-palestinien.
Bayan al-Juba, journaliste indépendante palestinienne âgée de 33 ans et résidant à Jérusalem-Est, a été condamnée dimanche à vingt mois d’emprisonnement pour des faits qualifiés par la justice israélienne « d’incitation et de soutien à une organisation terroriste ». Selon la décision rendue par le tribunal de première instance, la peine prendra effet à partir du 6 septembre 2026.
Le jugement prévoit également une peine supplémentaire de six mois avec sursis ainsi qu’une amende de 5.000 shekels. Les poursuites reposent principalement sur plusieurs publications diffusées entre 2021 et 2024 sur les réseaux sociaux et considérées par les autorités israéliennes comme des contenus de soutien à une organisation interdite.
La journaliste conteste fermement les accusations retenues contre elle. Elle estime que les publications évoquées relèvent de l’expression personnelle et ne devraient pas être considérées comme des infractions pénales. Son équipe de défense a annoncé son intention de faire appel de cette décision judiciaire.
L’affaire remonte à février 2025, lorsque Bayan al-Juba avait été arrêtée par les autorités israéliennes alors qu’elle se trouvait sur l’esplanade des Mosquées, dans la Vieille Ville de Jérusalem. Après plusieurs heures d’interrogatoire, elle avait été remise en liberté sous conditions strictes avant d’être placée en résidence surveillée dans le camp de réfugiés de Chouafat, situé à Jérusalem-Est.
Selon des organisations de défense des journalistes, les mesures imposées durant son assignation à résidence comprenaient notamment une interdiction d’utiliser les réseaux sociaux. D’après le Comité pour la protection des journalistes, cette décision avait également pris en compte sa grossesse au moment de son arrestation.
L’avocat de la journaliste avait demandé une réduction de peine ou une conversion de la sanction en travaux d’intérêt général, requête finalement rejetée par le tribunal.
Cette affaire intervient dans un climat de tensions persistantes autour de la couverture médiatique du conflit israélo-palestinien. Plusieurs organisations internationales de défense des droits humains et de la liberté de la presse dénoncent régulièrement les restrictions imposées aux journalistes palestiniens opérant dans les territoires occupés.
De leur côté, les autorités israéliennes affirment agir dans le cadre de la lutte contre l’incitation à la violence et la propagande liée aux groupes qualifiés de terroristes.
La condamnation de Bayan al-Juba risque ainsi de relancer les débats internationaux sur les limites entre sécurité, liberté d’expression et activité journalistique dans une région marquée par un climat politique et sécuritaire particulièrement sensible.
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