Justice : Mohammed Reda Taoujni condamné à Rabat pour diffamation envers le prince Moulay Hicham
Le dénouement judiciaire est tombé ce mardi au tribunal de première instance de Rabat. Le YouTubeur Mohammed Reda Taoujni a été reconnu coupable de diffamation dans le litige l'opposant au prince Moulay Hicham. Cette décision fait suite à une mise en délibéré actée lors de l'audience du 21 avril dernier, mettant fin à une procédure qui a captivé l'opinion publique et les observateurs du droit à l'expression.
Une sanction financière lourde
Le verdict rendu par la juridiction rbatie est sans équivoque. Le prévenu est condamné à verser une amende ferme de 100 000 dirhams. Au-delà de cette sanction pénale, le tribunal a fait droit aux demandes de la partie civile en lui accordant des dommages et intérêts s'élevant à 600 000 dirhams.
L'affaire repose sur une série de contenus diffusés par Mohammed Reda Taoujni sur sa chaîne YouTube. Le prince Moulay Hicham y avait décelé des propos attentatoires à son honneur et à sa réputation, l'incitant à porter l'affaire devant les tribunaux pour obtenir réparation.
La ligne rouge entre expression et dignité
Tout au long de la procédure, la défense du prince, représentée par Me Abdelrahim Jamai, a insisté sur la distinction fondamentale entre le débat d'idées et l'attaque personnelle. Bien que se revendiquant défenseur de la liberté d'opinion, l'avocat a martelé que celle-ci trouvait ses limites naturelles dans le respect de la dignité humaine.
« L'usage d'un langage dégradant n'a rien à voir avec la noble mission du journalisme », avait soutenu Me Jamai, rappelant que son client agissait en tant que simple citoyen victime d'une campagne de dénigrement. La partie civile avait d'ailleurs mis au défi le mis en cause de produire des preuves tangibles de ses allégations devant les magistrats, une démarche qui semble n'avoir pas convaincu le tribunal.
Un signal pour les créateurs de contenu
Ce jugement intervient dans un contexte de régulation accrue de l'espace numérique au Maroc. Il rappelle aux influenceurs et créateurs de contenus que la plateforme YouTube, bien qu'espace de liberté, reste soumise aux cadres légaux régissant la diffamation et la protection de la vie privée. En privilégiant la protection de l'honneur, la justice marocaine pose une nouvelle borne dans la jurisprudence traitant des délits de presse et d'opinion sur les réseaux sociaux.
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