Kaboul et Kandahar frappées : des civils tués dans les bombardements pakistanais
La capitale afghane a été de nouveau touchée par des frappes aériennes pakistanaises, qui ont fait au moins quatre morts et une quinzaine de blessés, selon les autorités locales. Les bombardements ont également touché Kandahar et plusieurs provinces frontalières, accentuant les tensions déjà vives entre Kaboul et Islamabad.
Selon le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, les frappes ont détruit des habitations et causé la mort de femmes et d’enfants. À Kaboul, le quartier de Guzar, dans le 21e district, a été particulièrement touché : une maison a été totalement détruite et une dizaine d’autres gravement endommagées. Les habitants, choqués, ont été pris en charge par un important dispositif policier déployé sur place.
À Kandahar, des installations économiques ont été touchées, notamment le dépôt pétrolier de la compagnie aérienne Kam Air, qui fournit du carburant aux avions civils et de l’ONU, selon Zabihullah Mujahid. Dans la province orientale de Nangarhar, des survols aériens pakistanais ont également été signalés, et la défense antiaérienne afghane aurait riposté.
Islamabad affirme viser des combattants du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), responsables d’attaques meurtrières au Pakistan, tout en niant cibler des civils. Le Pakistan accuse également Kaboul de tolérer la présence de militants de l’État islamique au Khorasan sur son territoire.
Les tensions entre les deux pays se sont intensifiées depuis octobre 2025, lorsque des combats frontaliers avaient déjà fait plusieurs dizaines de morts et provoqué la fermeture quasi totale de la frontière terrestre. Malgré des médiations diplomatiques, la situation s’est détériorée fin février, avec le lancement d’offensives et de frappes aériennes réciproques.
Selon la mission des Nations unies en Afghanistan (Unama), au moins 56 civils, dont 24 enfants, ont été tués depuis l’intensification des affrontements le 26 février. Les combats ont également provoqué le déplacement de plus de 115.000 personnes, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).
La situation humanitaire reste préoccupante, et les frappes répétées sur des zones densément peuplées exacerbent la crise dans un contexte déjà fragile pour les civils afghans.
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