Khénifra : un programme rural cible 28.000 ménages vulnérables
Le ministère de l’Agriculture prépare, avec l’appui financier du Fonds international de développement agricole (FIDA), une étude de ciblage social pour le Projet de développement rural intégré de Khénifra. Dotée d’un budget de 4,2 millions de dirhams, cette démarche doit identifier les bénéficiaires prioritaires, établir une situation de référence et mettre en place des outils de suivi pour améliorer l’impact des interventions auprès des populations rurales.
Une étude pour mieux orienter les aides
Le Projet de développement rural intégré de Khénifra (PDRIK) franchit une nouvelle étape préparatoire. Le département de l’Agriculture prévoit de lancer une étude sociale participative destinée à préciser les profils des ménages bénéficiaires et à établir les indicateurs qui permettront de mesurer les résultats du programme au fil de sa mise en œuvre.
Le marché, dont le budget annoncé atteint 4,2 millions de dirhams, porte également sur la conception d’un dispositif de suivi-évaluation que la Direction provinciale de l’agriculture de Khénifra et l’équipe chargée du projet pourront utiliser de manière autonome. L’objectif est de disposer de données fiables pour orienter les actions, suivre les réalisations et apprécier les changements obtenus.
Financé par le Fonds international de développement agricole, le programme intervient dans un territoire où l’élevage ovin et caprin, ainsi que les activités agro-sylvo-pastorales, occupent une place importante. Les effets de la vulnérabilité climatique, les départs des jeunes et les inégalités entre communes et douars constituent autant de défis pour le développement local.
Le périmètre du projet englobe vingt collectivités territoriales réparties en trois zones : Azaghar, qui regroupe neuf communes de plaines et de plateaux, Dir, avec six communes de piémont, et Jbel, qui couvre cinq communes de montagne.
Environ 28.000 ménages concernés
Le PDRIK prévoit de toucher quelque 112.000 bénéficiaires, dont 40% de femmes et 20% de jeunes. Le dispositif doit notamment permettre d’identifier environ 28.000 ménages, en accordant une attention particulière aux personnes confrontées à la pauvreté et à la précarité économique.
Les catégories visées comprennent les petits éleveurs et éleveuses, les ménages sans terre, les personnes sans emploi, les femmes cheffes de ménage, les personnes en situation de handicap, ainsi que les jeunes apiculteurs et les artisans souhaitant intégrer ou créer des coopératives.
L’étude devra affiner les profils de ces populations et proposer des critères de sélection simples, transparents et adaptés aux réalités locales. Une attention particulière sera portée aux éleveurs disposant de moins de 70 ovins ou caprins, ainsi qu’aux ménages possédant moins de 30 têtes ou ayant subi des pertes de cheptel. Les jeunes apiculteurs de moins de 40 ans touchés par des pertes de ruches feront également partie des profils à examiner.
La démarche devra favoriser une participation effective des bénéficiaires et limiter les répétitions dans la collecte des données. Les informations recueillies serviront à établir une situation de référence, indispensable pour comparer les résultats futurs aux conditions observées au démarrage du programme.
Trois axes pour renforcer la résilience rurale
Le projet s’articule autour de trois grandes composantes : le développement de systèmes d’élevage intégrés et mieux adaptés au changement climatique ; la valorisation des productions, l’amélioration de l’accès aux marchés et la réalisation d’infrastructures résilientes ; enfin, le renforcement des politiques de développement et de la gestion du programme.
À travers ces interventions, le PDRIK ambitionne de réduire durablement la pauvreté, d’améliorer les revenus des petits producteurs et de renforcer les capacités des populations rurales à faire face aux aléas climatiques. L’amélioration des performances des systèmes de production en zone montagneuse constitue également un objectif central.
Pour soutenir cette stratégie, l’étude devra dresser une typologie socio-économique des ménages, analyser les inégalités entre les femmes et les hommes, mesurer la place des jeunes et examiner les enjeux de sécurité alimentaire, notamment pendant les périodes de soudure. Un indice composite de richesse, fondé sur les actifs productifs et non productifs, doit aussi contribuer à mieux distinguer les niveaux de vulnérabilité.
Un suivi-évaluation conçu pour durer
Au-delà de la sélection des bénéficiaires, le marché prévoit la mise en place d’un système de suivi-évaluation destiné à accompagner le projet pendant toute sa durée. Celui-ci reposera sur une base de données provinciale, un tableau de bord comparant les objectifs aux réalisations et un suivi géographique des interventions à l’aide d’outils de système d’information géographique (SIG).
L’enjeu est de permettre aux équipes locales de suivre les progrès sans dépendre de logiciels complexes. Les données cartographiques devront être fournies dans des formats ouverts et réutilisables, tandis que les indicateurs de référence devront être conçus pour rester comparables lors des évaluations à mi-parcours et à l’achèvement du programme.
Le travail portera également sur les organisations professionnelles locales, notamment les coopératives, les unions, les associations d’apiculteurs et les groupements d’artisans. Leur recensement et leur classement selon leur niveau de fonctionnement doivent permettre de distinguer les structures immédiatement mobilisables de celles qui nécessitent un accompagnement ou une formalisation.
Des formations sont par ailleurs prévues pour les équipes du ministère de l’Agriculture, notamment sur les outils participatifs, la gestion des projets financés par des bailleurs et les mécanismes de suivi-évaluation.
La qualité du ciblage, la fiabilité des données et l’appropriation des outils par les équipes locales seront ainsi déterminantes pour orienter les investissements vers les populations qui en ont le plus besoin et renforcer durablement les moyens de subsistance dans les zones rurales de Khénifra.
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