Kyiv subit la plus violente attaque de l’année : Huit morts et des dizaine de blessés
Kyiv a été frappée dans la nuit par une attaque massive de missiles et de drones, la plus violente enregistrée cette année dans la capitale ukrainienne. Le bilan provisoire fait état d’au moins huit morts et plus de soixante-dix blessés, dont six enfants, selon les autorités locales.
Les frappes russes ont déclenché de violents incendies et provoqué d’importantes destructions, laissant plusieurs personnes piégées sous les décombres. « Les recherches se poursuivent pour retrouver des survivants », a indiqué le Service d’urgence de l’État sur Telegram, précisant que des équipes spécialisées et des chiens renifleurs étaient mobilisés sur treize sites différents.
Le district de Sviatoshynskyi, situé à l’ouest du centre-ville, a été le plus durement touché. Les secouristes y ont travaillé toute la nuit pour dégager les décombres de deux immeubles fortement endommagés. Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent des sauveteurs évoluant prudemment dans les gravats à la lumière de projecteurs, tandis que des policiers inspectent appartement par appartement pour vérifier l’état des résidents.
« Nous n’avons même pas eu le temps de nous habiller après la sirène d’alerte. Une explosion après l’autre, toutes les fenêtres ont volé en éclats, les portes et les murs se sont effondrés. Mon mari et mon fils ont été projetés de l’autre côté de la pièce », témoigne Viktoria Bakal, habitante de Kyiv.
Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a lancé 145 drones et 70 missiles, dont 11 missiles balistiques, au cours de cette attaque nocturne. Les défenses aériennes ukrainiennes ont réussi à abattre 112 engins, mais plusieurs régions, dont Kharkiv, Zhytomyr et Dnipropetrovsk, ont également été visées.
À Kharkiv, deuxième plus grande ville d’Ukraine, le maire Ihor Terekhov a rapporté quatorze frappes de drones et dix de missiles. De nombreux bâtiments résidentiels, un établissement scolaire, une polyclinique et des infrastructures industrielles ont été touchés, faisant au moins un blessé hospitalisé.
La région de Zhytomyr a quant à elle subi une seconde frappe visant les équipes de secours déjà déployées sur un incendie, blessant un travailleur. Dans la ville industrielle de Pavlohrad, quatorze immeubles ont été endommagés, principalement au niveau des fenêtres et balcons, sans faire de victimes.
Cette attaque survient alors que la guerre, déclenchée par l’invasion russe en 2022, entre dans une phase critique. Kyiv et Moscou font face à des pressions internationales, notamment de la part du président américain Donald Trump, pour avancer vers un accord de paix. Ce dernier a récemment menacé de retirer les efforts américains de médiation si aucun progrès n’était constaté.
Les discussions tenues à Londres mercredi entre représentants britanniques, français et allemands ont permis de « significatifs progrès », selon un communiqué conjoint, malgré l’absence de dernière minute du secrétaire d’État américain Marco Rubio.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a dénoncé ces « frappes brutales », pointant la responsabilité de Moscou comme principal obstacle à la paix. De son côté, le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, a confirmé que les opérations de secours se poursuivaient dans la capitale, où l’alerte aérienne a duré six heures.
L’attaque a également touché des infrastructures essentielles. La compagnie ferroviaire nationale Ukrzaliznytsia a signalé des dégâts sur des voies techniques et des bâtiments administratifs à Kyiv et Kharkiv. Deux employés du secteur ferroviaire ont été blessés, mais le trafic des trains fonctionnait normalement selon l’entreprise.
Alors que les secouristes s’efforcent de retrouver les personnes coincées sous les décombres, des téléphones portables continuent de sonner sous les amas de béton, signe que les recherches se poursuivront jusqu’à la confirmation de la présence de tous les habitants.
Cette nouvelle vague d’attaques illustre l’escalade des tensions dans le conflit russo-ukrainien et met en évidence la vulnérabilité persistante des infrastructures civiles malgré les efforts de défense. Les appels à une mobilisation internationale pour soutenir l’Ukraine se multiplient alors que les négociations de paix stagnent.
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