L’OCDE prévoit une croissance de 5 % pour le Maroc en 2026, portée par l’agriculture et les investissements publics
L’économie marocaine devrait enregistrer une accélération notable de sa croissance en 2026, selon les dernières prévisions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L’institution internationale table sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 5 % l’année prochaine, après une croissance estimée à 4,6 % en 2025. Cette dynamique serait principalement soutenue par le rebond du secteur agricole, la solidité de la demande intérieure et la poursuite des grands projets d’infrastructure engagés par le Royaume.
Dans son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales, l’OCDE souligne que les précipitations abondantes enregistrées durant l’hiver ont amélioré les réserves hydriques et devraient favoriser une hausse significative de la production agricole. Ce contexte favorable devrait stimuler plusieurs secteurs de l’économie nationale et renforcer la consommation des ménages.
Parallèlement, les investissements publics continuent de jouer un rôle central dans la croissance. Les grands chantiers d’infrastructure, ainsi que les projets industriels et immobiliers, contribuent à soutenir l’activité économique et l’emploi. Cette dynamique devrait bénéficier notamment aux secteurs du bâtiment, des travaux publics et de l’industrie manufacturière.
Malgré ces perspectives positives, l’OCDE met en garde contre plusieurs facteurs de vulnérabilité. Le Maroc demeure fortement dépendant des importations énergétiques, qui couvrent près de 90 % de ses besoins. Une hausse durable des prix du pétrole et du gaz pourrait ainsi peser sur les équilibres macroéconomiques et alimenter les tensions inflationnistes.
L’organisation prévoit d’ailleurs un rebond de l’inflation, qui passerait de 0,7 % en 2025 à 3,2 % en 2026 avant de retomber à 1,4 % en 2027. Cette hausse serait principalement liée à l’augmentation des coûts de l’énergie et des produits alimentaires importés.
Le secteur des exportations demeure toutefois un atout majeur pour l’économie nationale. Les engrais phosphatés continuent de représenter une part importante des recettes extérieures du Royaume. Les cours élevés de ces produits permettent de compenser en partie la facture énergétique et de soutenir les revenus à l’export.
L’OCDE souligne néanmoins un paradoxe : si les tensions géopolitiques au Moyen-Orient peuvent temporairement favoriser les exportateurs marocains d’engrais en réduisant l’offre de certains concurrents, elles risquent également de perturber l’approvisionnement en matières premières essentielles telles que l’ammoniac et le soufre, largement importés des pays du Golfe.
Sur le plan budgétaire, les perspectives restent relativement maîtrisées. Le déficit public devrait se stabiliser autour de 3 % du PIB entre 2026 et 2027 grâce à l’élargissement de l’assiette fiscale, à l’amélioration du recouvrement des impôts et à la progression de l’activité économique. Les dépenses liées aux infrastructures et à l’extension de la protection sociale devraient toutefois continuer d’exercer une pression sur les finances publiques.
La demande intérieure devrait demeurer le principal moteur de la croissance. La consommation des ménages, soutenue par l’amélioration des revenus agricoles et la poursuite des investissements publics, devrait conserver un rythme de progression solide malgré un environnement international plus incertain.
Concernant les échanges extérieurs, les exportations marocaines devraient poursuivre leur progression, mais à un rythme inférieur à celui des importations. Cette évolution pourrait entraîner un élargissement du déficit courant, attendu à plus de 3 % du PIB à partir de 2026, sous l’effet de la hausse des importations énergétiques et industrielles.
L’OCDE rappelle également l’importance des réformes structurelles pour consolider la croissance à moyen et long terme. L’institution recommande notamment de réduire l’économie informelle, d’améliorer la formation professionnelle, de renforcer l’intégration des femmes et des jeunes sur le marché du travail, de développer les services de petite enfance et de poursuivre les efforts de lutte contre la corruption.
Dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la volatilité des marchés énergétiques, le Maroc apparaît ainsi comme l’une des économies les plus résilientes de la région. Toutefois, la pérennité de cette trajectoire dépendra de sa capacité à réduire sa dépendance énergétique, à renforcer sa compétitivité et à poursuivre ses réformes structurelles.
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