L’actrice Claudia Cardinale est morte à l’âge de 87 ans
Claudia Cardinale, icône du cinéma des années 1960, s’est éteinte mardi 23 septembre à l’âge de 87 ans, entourée de ses enfants, à Nemours, en région parisienne. L’annonce a été faite dans la soirée par son agent, Laurent Savry, qui a rappelé l’héritage laissé par celle qu’il a décrite comme « une femme libre et inspirée, tant dans son parcours de femme que d’artiste ».
Avec plus de 150 films à son actif, Claudia Cardinale a incarné l’âge d’or du cinéma italien et européen. Muse de Luchino Visconti dans Rocco et ses frères et Le Guépard, partenaire de Federico Fellini dans Huit et demi, héroïne inoubliable de Sergio Leone dans Il était une fois dans l’Ouest, elle s’est imposée comme une figure intemporelle, admirée pour sa beauté, sa voix singulière et son intensité à l’écran. Née à La Goulette, près de Tunis, en 1938, d’un père sicilien et d’une mère française, elle découvre le cinéma presque par hasard après avoir remporté un concours de beauté. Ce destin imprévu l’amène à Venise, puis sur les plateaux de Rome, où sa carrière prend son envol pour la conduire jusqu’à Hollywood, auprès de Blake Edwards ou Richard Brooks.
Sa disparition a immédiatement suscité une pluie d’hommages des deux côtés de la Méditerranée. En France, l’ancienne ministre de la culture Rachida Dati a salué sur les réseaux sociaux « une muse des plus grands, incarnation éclatante de la liberté et de l’élégance ». En Italie, le ministre de la culture Alessandro Giuli a honoré « l’une des plus grandes actrices italiennes de tous les temps », rappelant qu’elle avait pris part à de nombreux chefs-d’œuvre du cinéma d’auteur. Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes, a quant à lui évoqué « la fille à la valise » qui, devant la caméra, s’illuminait d’un sourire et d’un regard affectueux.
Souvent comparée à Brigitte Bardot, avec qui elle tourna Les Pétroleuses en 1971, Claudia Cardinale avait su imposer une identité unique. Son talent l’a menée aussi bien dans le cinéma italien de Visconti, Zurlini ou Bolognini, que dans le cinéma français avec Broca et Verneuil, et jusqu’en Allemagne auprès de Werner Herzog. Récompensée d’un Lion d’Or à Venise en 1993 et d’un Ours d’Or à Berlin en 2002 pour l’ensemble de sa carrière, elle reste une figure centrale de l’histoire du cinéma mondial.
Au-delà de ses rôles, sa vie fut marquée par une résilience hors du commun. Mère de deux enfants, elle s’était engagée avec sa fille Claudia dans la Fondazione Claudia Cardinale, installée à Nemours, pour soutenir et promouvoir de jeunes talents artistiques. Jusqu’à ses derniers jours, elle demeurait attachée à la transmission et à l’accompagnement des nouvelles générations.
Avec sa disparition, c’est une étoile du septième art qui s’éteint, mais son regard, sa voix rauque et son aura continueront de hanter les mémoires et d’illuminer l’histoire du cinéma.
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